Un projet de campus viticole régional

Créer un nouveau campus viticole, rassemblant l’ensemble des établissements de formation publics et privés de Bordeaux, Bergerac et Cognac, voici l’ambition de la Région Nouvelle-Aquitaine pour dynamiser l’attractivité du secteur vitivinicole aux côtés des professionnels de la filière. Elle souhaite de même répondre aux attentes des entreprises en matière d’accompagnement de l’évolution de leurs métiers.

S’il a obtenu en juin 2022 le label « Talents et territoires de Nouvelle-Aquitaine » en phase d’amorçage, le projet de campus viticole régional est encore dans sa phase de construction, pour un lancement espéré au printemps 2023, indique Émilie Reynier, directrice adjointe chargée de la production et du développement au lycée agricole de Blanquefort. « Notre objectif est de mieux structurer l’offre de formation à l’échelle régionale sur la viticulture, au niveau de la formation initiale, de la formation par apprentissage ou de la formation continue », présente la responsable. Plus visibles et plus lisibles, notamment lors de Salons étudiants ou événement professionnels, les offres de formation pourront ainsi toucher davantage leur public et gagner en attractivité. « Lors de nos enquêtes auprès des bassins viticoles du bordelais, de Cognac ou du bergeracois, tous les acteurs nous ont remonté des besoins en main-d’œuvre et en nouvelles compétences », poursuit-elle.

Mutation des métiers

Changement climatique, évolution technologique, viticulture de précision… Le travail des vignes est en train de muter, et l’enjeu est aussi d’adapter les formations à la transition agroécologique, y compris pour les professionnels au travers de la formation continue. « Nous voulons enrichir l’offre de formation grâce à ce campus, pour mieux être en cohérence avec l’évolution du secteur vitivinicole, gagner en compétences face aux nouveaux besoins », insiste Émilie Reynier.
Le futur campus doit regrouper à terme les trois interprofessions Bordeaux, Cognac et Bergerac, quatre lycées professionnels, des MFR, l’école d’ingénieurs Bordeaux Sciences Agro, mais aussi les chambres d’agriculture pour la formation continue, les établissements de recherche (Inrae, Isvv, Vinopôle), ainsi que des représentants de la filière. « Nous devrions déposer prochainement la demande pour l’obtention du label Campus des métiers et des qualifications d’excellence, ce qui serait une première pour des lycées agricoles. Au niveau régional, fédérer l’enseignement viticole au sein d’une même organisation serait également une première en France ! » se félicite-t-elle.

Collaboration avec les interprofessions

Un travail en collaboration avec les interprofessions viticoles a déjà été amorcé, avec des enquêtes sur les besoins métiers. Après des pistes élaborées en détail avec la filière vin bordelaise, des axes doivent être précisés quant aux spécificités de Cognac et Bergerac autour de la distillation et des spiritueux. « Nous remarquons par exemple que de plus en plus de jeunes sortent de formation avec des niveaux BTS, mais qu’un fort besoin se fait sentir en postes d’opérateurs niveau Bac pro », précise Émilie Reynier.
Grâce au campus, l’enjeu est aussi de réussir le transfert d’innovations et la vulgarisation scientifique après des professionnels. « Le plan national Dépérissement du vignoble pourrait ainsi n’avoir qu’un interlocuteur pour diffuser ses résultats auprès des centres de formation. Aussi, nous pourrions envisager la création de plateaux techniques en complément de sites expérimentaux actuels, pour offrir l’opportunité aux entreprises comme aux vignerons de tester de nouvelles solutions pour la viticulture de demain », termine, confiante, Émilie Reynier.

Olivier Lévêque, Tribune Verte n°3002