Travailler, se former dans le tourisme agricole et vert

Noémie Blain, Marie Cuellar, et Bérénice Tijou ont des parcours bien différents mais sont animées par la même passion : faire découvrir l’agriculture au public par le biais de l’agritourisme. Elles tiennent à partager leur amour de la nature et à faire reconnaître la qualité des produits présentés aux visiteurs.

Elles sont trois, exercent leurs activités dans trois départements différents, et ne se connaissent pas. Pourtant, elles ont toutes un point commun : le tourisme agricole et vert. Pour Noémie Blain, conseillère circuits courts agritourisme à la chambre départementale d’agriculture du Vaucluse, c’est un métier depuis quelques années. Idem pour Marie Cuellar, chargée de mission œnotourisme au Domaine de Bois Mozé, dans le Maine-et-Loire. Pour Bérénice Tijou, ce sera bientôt le cas. Après avoir effectué la première partie de son cursus au sein de l’école des Établières, à La Roche-sur-Yon (Vendée), l’apprentie aide actuellement son conjoint agriculteur à l’Asinerie des Varennes de Dompierre-sur- Mer (Charente-Maritime). Un travail « qui fait partie de la formation », explique-t-elle, afin de valider son certificat de spécialisation dans le tourisme vert en novembre prochain. Une activité qui lui permet sur- tout de côtoyer les ânes au quotidien. Après avoir passé un Bac pro productions horticoles, Bérénice Tijou a même enchaîné avec un BTS tourisme animal, avant de poursuivre avec un BTS tourisme vert. Pour la jeune femme de 22 ans, ce type de tourisme « permet de faire connaître aux consommateurs et au public ce qu’est vrai- ment l’élevage. Sur Internet, ce que montre l’association L214, c’est vraiment de l’élevage industriel, mais beaucoup d’éleveurs font des efforts pour pratiquer un élevage durable, qui respecte la nature et leurs animaux. Il faut le faire savoir. Le tourisme vert per- met aussi de développer la vente directe, du consommateur à l’éleveur ».
Ce dernier aspect, Marie Cuellar l’a aussi observé sur le terrain auprès d’agriculteurs demandeurs de ce genre de prestations, « en évitant de passer par des circuits longs ». Après un BTS tourisme, suivi d’une année en licence en commerce des vins à l’université de Tours en formation initiale, elle a mis un premier pied à l’étrier lors d’un BTSA viticulture-œnologie effectué en alternance au CFA de Montreuil-Bellay et au Domaine de Bois Mozé, son futur lieu de travail.

Tourisme rural et vert : un condensé d’activités
Pourtant attirée par le patrimoine vernaculaire, Marie Cuellar a aussi découvert l’œnotourisme parce qu’elle habitait « à côté de Tours et des appellations Vouvray et Mont-Louis ». À ce jour, sa fonction regroupe « une activité administrative au bureau, et de l’accueil client pour des dégustations et de la vente. Mais aussi de l’activité touristique un peu plus poussée, plus construite, avec des visites, des escape game mis en place avec une agence touristique dans le Maine-et-Loire pour mettre en avant la riche histoire du domaine et le monde du vin. ». Quand on lui parle des atouts du tourisme rural et vert, Marie Cuellar évoque justement la créativité dont elle use dans sa profession.
« Aujourd’hui, nous ne sommes plus sur de la simple visite dégustation, nous créons vraiment des prestations complexes, (…) permettant de faire découvrir la région au plus grand nombre. »
La découverte d’un pays, c’est aussi ce que propose Noémie Blain, en Provence-Alpes-Côte-d’Azur.  Il faut dire qu’après avoir obtenu une licence valorisation des produits du terroir à Pau, cette voyageuse s’est rendue en Alsace pour décrocher un master en sciences et technologies de l’agriculture, de l’alimentation et de l’environnement (STAAE).
Après plusieurs années d’expérience, elle constate « qu’il y a de plus en plus de de mandes » pour le tourisme agricole et vert. Et, puisqu’il y en a, « les exploitants se disent alors pourquoi ne pas créer un camping à la ferme et des hébergements pour apporter de la valeur ajoutée ? » Une conclusion renforcée par les confinements qui, selon elle, « ont un peu modifié le mode de vie des consommateurs, ils sont un peu tournés vers la nature ».

La passion, moteur principal
Des périodes douloureuses qui n’ont pas entamé l’amour de Noémie Blain, Marie Cuellar, et Bérénice Tijou pour leur profession actuelle ou future. Fût-elle tardive ou précoce, cette vocation reste en effet chevillée au corps de ces trois-là. C’est la rai- son pour laquelle, quand on leur demande ce qu’elles conseilleraient à une personne désireuse de se lancer dans le tourisme agricole et vert, elles ne manquent pas de rappeler que, sans passion, peu ou point de salut. Sur ce terrain, Bérénice Tijou se montre même catégorique en affirmant « qu’il faut être passionné et croire en ses projets, la formation ayant montré la réalité des fermes pédagogiques ». Marie Cuellar ajoute que « quand on est passion- né et quand on a envie, on apprend très vite. Nous travaillons parfois les samedis et les week-ends, nous donnons beaucoup aux autres, et nous sommes toujours face à un public, il faut donc être assez à l’aise ». Quant à Noémie Blain, si elle avoue avoir « beaucoup appris sur le tas,  et  être  restée ouverte sur un peu tous les sujets » en suivant notamment « l’évolution des tendances actuelles », elle n’oublie pas de parler de « métier passionnant » pour décrire sa vie de tous les jours.
Elles se mettent parfois dans la peau de leurs visiteurs en se rendant dans des fermes pédagogiques par exemple. Leurs objectifs principaux ? La volonté d’apprendre au contact d’agriculteurs chevronnés ou débutants, l’opportunité de partager ce moment avec d’autres, et la participation à des activités nouvelles. Ou comment mieux s’informer après s’être formées…


DES FORMATIONS POUR TOUS TYPES DE PROFILS
Les personnes désireuses de se diriger vers le tourisme agricole disposent de nombreuses options avant de prendre la bonne décision. Voici quelques exemples de parcours qui donnent la part belle au tourisme et au terroir !
Licences professionnelles :
• agent de développement œnotourisme et projets culturels
• commerce des vins et œnotourisme
• concepteur de prestations en œnotourisme et gastronomie
• concepteur de produits touristiques patrimoniaux
• géomatique de l’environnement, du tourisme, et de l’aménagement en montagne
• gestionnaire des espaces naturels et de loisirs
• guide conférencier
• terroirs, territoires, gastronomies
• valorisation des produits du terroir
• valorisation et gestion touristique des produits du terroir et de la gastronomie
• valorisation, animation, médiation des territoires ruraux

Formations qualifiantes :
• CQP organisateur de randonnées équestres
• CS tourisme vert, accueil et animation en milieu rural
• certificat chargé(e) de développement œnotouristique
• chargé(e) de développement œnotourisme
• certificat de spécialisation commercialisation des vins œnotourisme
• spécialisation d’initiative locale accueil et œnotourisme en Champagne
Note : liste non exhaustive.

Pierre MOYON, Tribune Verte N°2969
Crédit photo : PKAZMIERCZAK / ADOBE STOCK