Bilan de compétences : « Redonner sens à ce que l’on fait »

Certifiée Qualiopi, l’APECITA accompagne les salariés et les demandeurs d’emploi dans la réalisation d’un bilan de compétences. En plus de faire le point sur leurs compétences, ils apprendront à mieux se connaître pour définir un projet professionnel plus en accord avec eux-mêmes.

Un bilan de compétences (BDC) n’amène pas nécessairement à une formation ou même à une reconversion professionnelle. Les possibilités offertes sont bien plus étendues. « L’objectif est de redonner du sens à ce que l’on fait. Pour des personnes, il va s’agir de redéfinir dans quels types d’entreprises elles veulent travailler, sur quelles missions elles veulent se concentrer… Il ne faut pas forcément tout changer, rappelle Anne-Sophie Clair, déléguée régionale Bourgogne Franche-Comté Alsace au sein de l’APECITA. Généralement, nous sommes sollicités par des personnes en milieu de carrière, qui veulent faire un point sur leur parcours professionnel. Nous avons aussi de plus en plus de personnes, de tout âge, qui ont vécu un burn-out ou des expériences professionnelles difficiles (…). Il ne faut toutefois pas commencer un bilan quand le moral est au plus bas. » Pour les profils trop « fragiles », une thérapie ou un coaching peuvent ainsi être conseillés avant d’entamer un BDC.
Ce dispositif encadré par la loi peut uniquement être proposé par des prestataires certifiés Qualiopi, comme l’APECITA. Il se compose de trois grandes phases. « Lors de la 1re étape préliminaire, nous faisons le point sur les besoins et les objectifs attendus pour voir de quelle manière nous allons travailler ensemble. La 2e phase d’investigation est dédiée à la découverte et à la connaissance de soi. Nous ne travaillons pas que sur les compétences. Les personnes apprennent à se connaître, à identifier leurs valeurs, leurs forces, à travers des tests, des exercices de mise en situation. C’est en quelque sorte une photo de qui elles sont à l’instant t, décrit-elle. Dans la phase de conclusion, nous définissons le projet professionnel. Nous faisons le lien avec le marché de l’emploi. Nous analysons les missions qu’elles veulent garder ou changer. Nous pouvons alors définir un plan d’action. » Dans tous les cas, la déléguée régionale invite toujours la personne à réfléchir à plusieurs options, dans le cas où le plan A ne fonctionnerait pas.

Un bilan professionnel

Pour financer leur BDC, les personnes peuvent mobiliser leur compte personnel de formation (par le biais de la plateforme gouvernementale moncompteformation), passer par le plan de développement des compétences de l’entreprise ou autofinancer leur projet. Les personnes ayant cotisé au groupe Agrica lors de leur dernier emploi peuvent, quant à elles, bénéficier d’une autre solution. En tant que demandeur d’emploi ou salarié en cours de rupture de contrat, elles peuvent suivre un bilan professionnel. « Il n’y a pas de réglementation sur le bilan professionnel. Nous travaillons de la même manière que pour le BDC avec les trois grandes phases et les mêmes outils », affirme-telle. Contrairement au BDC qui peut se prolonger jusqu’à 24 heures, la durée n’excède pas 20 heures. Quel que soit le dispositif enclenché, Anne-Sophie Clair constate souvent la même chose : les personnes repartent avec une meilleure estime et une plus grande confiance en elles, et ce, quel que soit le projet professionnel défini.

Caroline Even, Tribune Verte n°3003

Les conseils de l’APECITA : Comment demander le financement d’un bilan de compétences auprès de votre entreprise ?

L’envie est là, vous vous sentez prêt à vous lancer dans une réflexion approfondie sur votre développement professionnel. Mais vous ne savez pas comment présenter à votre employeur le fait que vous souhaitez bénéficier d’un bilan de compétences. Vous êtes même inquiet de la réaction de votre responsable et des conséquences éventuelles sur votre emploi. Rassurez votre employeur : bilan de compétences ne veut pas dire que vous souhaitez partir de l’entreprise. Argumentez sur le fait que vous voulez redéfinir votre plan de carrière et identifier les pistes d’évolution en interne en lien avec vos motivations, vos compétences et vos aspirations.
Ce bilan permettra ainsi à l’entreprise d’identifier vos potentiels et vos ressources pour faciliter une mobilité interne. La démarche donne notamment la possibilité à l’entreprise de pouvoir utiliser toutes vos compétences, car elle est désormais fixée sur vos véritables potentialités. Autrement dit, elle pourra mieux organiser sa gestion prévisionnelle des emplois et des compétences.
Vous pouvez aussi avancer l’argument du gain de motivation. En effet, vous allez développer la connaissance de vous-même et ainsi mieux gérer votre carrière. Vous serez ainsi plus confiant et cela vous apportera une meilleure qualité de vie au travail.

Témoignage : Un coaching avant d’entamer un bilan de compétences

Après une licence pro dans la gestion des entreprises agricoles, Alice est devenue animatrice dans une organisation agricole. Son « surinvestissement » l’a amené jusqu’au burn-out et à une totale perte de confiance en elle. « Au début, je voulais faire un bilan de compétences (BDC), mais je n’étais pas prête, j’étais trop fragilisée. L’APECITA m’a proposé d’abord un coaching, se remémore Alice. Le coaching m’a permis de prendre du recul sur ce qui m’était arrivé. Nous avons fait un point sur ce qui me faisait du bien. Nous avons travaillé sur des souvenirs positifs, sur des affirmations positives liées au travail… »
« Reboostée », mais ne sachant plus quelle voie professionnelle prendre, Alice a alors démarré un BDC avec l’APECITA. « J’ai retracé mon parcours, ce que j’avais appris. J’ai fait un point sur mes compétences. Cela m’a aidé », explique-t-elle.
À la fin du dispositif, Alice s’est lancé « bille en tête » dans un projet professionnel plus en lien avec ce qu’elle avait appris pendant son BTS agroalimentaire, mais qui nécessitait qu’elle déménage. Très rapidement, elle a été embauchée, mais l’éloignement géographique avec son territoire d’origine l’a conduit très vite à arrêter la période d’essai. « Cette expérience m’a permis de me rendre compte que je n’avais pas fait les bons choix. Je me suis un peu trop précipitée sur ce projet », analyse Alice. Aujourd’hui, elle continue ses recherches d’emploi en s’ouvrant davantage vers de nouveaux métiers, où elle pourrait mettre à profit ses bonnes capacités d’organisation, clairement identifiées pendant le BDC.

Transfert de compétences : La MSA intègre l’accompagnement de l’APECITA dans son processus

En 2017, dans le cadre d’un nouveau projet d’organisation de son activité, la Mutualité sociale agricole de Loire-Atlantique Vendée (MSA 44-85) a fait évoluer les missions d’une centaine de ses salariés. Afin de les accompagner au mieux dans leur mobilité professionnelle, la structure a développé avec l’APECITA un système d’accompagnement individualisé. En plus du dispositif mis en place par la MSA 44-85 en interne (présentation des postes ouverts, visite des services, parcours de formation selon la voie choisie…), les salariés qui le souhaitaient ont pu échanger avec Géraldine Lebreton, déléguée régionale APECITA Pays de la Loire, au cours de deux entretiens. « Lors du 1er entretien, elle leur laissait exprimer leur ressenti, leur état d’esprit et leurs doutes. Tout cela était plus facile à exprimer avec une tierce personne, sans lien hiérarchique, estime Hélène Tacon, chargée de recrutement à la MSA 44-85. Mais la déléguée leur faisait surtout prendre conscience de leurs nombreuses compétences transférables. » Lors du 2nd rendez-vous, qui avait lieu après les visites de services, elle les aidait à se projeter et à prendre leur décision finale. Pour quelques salariés, un bilan de compétences a ensuite été enclenché pour les aider à explorer de nouvelles pistes.
Depuis cette vague de mobilité interne, le service des ressources humaines de la MSA 44-85 n’hésite pas à solliciter l’APECITA pour tous les projets de mobilité, quelle que soit leur ampleur. « L’accompagnement proposé par l’APECITA rentre aujourd’hui dans notre processus », affirme Hélène Tacon.