Bac+2/+3 : Quelle formation choisir ?

Les BTSA, les BUT (anciens DUT) et les licences professionnelles sont bien connus pour former au métier de technicien, mais d’autres cursus existent, comme les Deust ou certains Bachelors.

Plusieurs formations diplômantes de niveau Bac + 2 ou Bac + 3 existent pour devenir technicien. Le brevet de technicien supérieur agricole (BTSA), géré par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, fait figure de référence. Il se prépare en deux ans dans un lycée agricole après un baccalauréat général, technologique ou professionnel. « Il peut être suivi en formation initiale (par voie scolaire ou apprentissage) ou continue », précise Anne-Claire Lefloch, chargée de mission orientation au sein de l’APECITA.
Aux côtés des 16 spécialités de BTSA, certains brevets de technicien supérieur (BTS), gérés par le ministère de l’Enseignement supérieur, peuvent aussi offrir des débouchés dans les secteurs de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de l’environnement, comme le BTS métiers de l’eau et le BTS techniques et services en matériels agricoles.

Un alignement sur les standards internationaux
Comme les BTS, les Bachelors universitaires de technologie (BUT) sont gérés par le ministère de l’Enseignement supérieur. Depuis la rentrée 2021, le BUT remplace le DUT au sein des instituts universitaires de technologie (IUT). Ce diplôme, qui se prépare dorénavant en trois ans, valide le grade de Licence. « (Il) est aligné sur les standards internationaux et facilite les échanges avec les universités étrangères », souligne l’assemblée des directeurs d’IUT sur le site Web dédié à cette réforme (https://but.iut.fr/). Parmi les 24 spécialités de BUT, les étudiants peuvent s’orienter, entre autres, en « Génie biologique », « Hygiène, sécurité, environnement » ou « Qualité, logistique industrielle et organisation ».
S’agissant des licences professionnelles (LP), elles s’avèrent pertinentes pour se spécialiser dans un domaine technique. Ces LP, rattachées aux universités, sont accessibles à un niveau Bac + 2. « Il existe 300 LP dans l’agriculture, l’agroalimentaire, l’aménagement, la commercialisation… », liste Anne-Claire Lefloch. Avec la réforme du BUT, la majorité des LP devraient contribuer à créer les parcours de BUT, selon l’assemblée des directeurs d’IUT.

Des formations inscrites au RNCP
Moins connus que les précédents diplômes, les Deust (diplômes d’études universitaires scientifiques et techniques), à l’instar des spécialités « Santé environnement : techniques de laboratoire » et « Analyse des milieux biologiques », représentent une autre option pour devenir technicien. Le Deust se prépare en deux ans après le Bac à l’université. « Les cycles sont généralement construits en collaboration avec les entreprises locales. Les Deust comportent des stages et sont plus professionnalisants que les anciens Deug (diplômes d’études universitaires générales) », clarifie Anne-Claire Lefloch.
Pour finir, les Bachelors constituent une autre voie d’accès post-Bac au métier de technicien. Ils sont notamment proposés par certaines écoles d’ingénieur ou d’agro-management. Anne-Claire Lefloch invite toutefois à la prudence : « Beaucoup de Bachelors se sont développés ces dernières années. Or ce titre ne veut rien dire si le contenu de la formation n’est pas inscrit au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP). Le ministère de l’Enseignement supérieur tente depuis 2020 de clarifier l’offre de formation. Maintenant, certains Bachelors sont accrédités en tant que niveau Bac + 3. » Ces vérifications sont à effectuer sur le site Web  www.francecompetences.fr.

Caroline EVEN, Tribune Verte 2987

Formation ovine : POST-BTSA : SE SPÉCIALISER AVEC UNE LP OU UN CS

Dans l’Aveyron, le CFPPA de Saint-Affrique forme les futurs techniciens des organismes de la filière ovin, lait et viande. Les étudiants avec notamment un BTSA (productions animales, Acse…) peuvent se spécialiser pendant un an dans cette filière par le biais de deux cursus : une licence professionnelle (LP) « Développement et conseil de la filière ovine »*, portée par l’Institut national universitaire Champollion de Rodez, et un certificat de spécialisation (CS) « Technicien conseil en production laitière ovine ». « En LP, 50 % des apprenants sont en formation scolaire, l’autre moitié sont des apprentis », précise Bénédicte Rigal, directrice de la formation professionnelle et apprentissage à la Cazotte. Cette LP n’est pas financée dans le cadre de la formation continue, contrairement au CS, qui est également accessible en apprentissage. « Entre la LP et le CS, les candidats font souvent leur choix en fonction de leurs objectifs professionnels, s’ils envisagent ou non d’acquérir un diplôme de niveau Bac + 3 (uniquement en LP). Le CS étant plus axé «terrain», beaucoup de candidats ont un projet d’installation agricole. La LP est, de son côté, plus universitaire. Les étudiants auront par exemple un mémoire de fin d’études à rendre, ce qui n’est pas le cas des CS pour qui le parcours est plus allégé, mais avec plus de travaux pratiques », explique-t-elle. Les parcours étant tout de même très proches, avec la même finalité, de nombreux cours sont suivis en commun par les 20 apprenants en LP et 14 en CS. « Notre objectif est de former tous les ans 30-35 jeunes avec ce niveau technique, qui puissent alimenter les besoins conséquents aux niveaux local et national », justifie la directrice.
* L’impact de la réforme du BUT sur la LP n’est pas connu à l’heure actuelle.

Réforme du DUT :  UN BUT SUR TROIS ANS AVEC UNE PÉDAGOGIE REVISITÉE

Depuis la rentrée 2021, le Bachelor universitaire de technologie (BUT) supplante le DUT (Diplôme universitaire de technologie)* et intègre une majorité des licences professionnelles (LP) portées par les IUT. « Avec ce BUT, nous avons deux réformes en une. Le cursus passe de deux à trois ans et l’ensemble des enseignements est réorganisé pour favoriser la professionnalisation. Nous passons d’un enseignement organisé par discipline à une approche par compétence », explique Valérie Gabriel, référente compétences à l’IUT Paul Sabatier (Haute-Garonne). L’objectif est double : inciter les bacheliers technologiques à intégrer les BUT et augmenter l’insertion professionnelle au niveau Bac + 3 (à 50 %), alors que la poursuite d’études après le DUT s’est développée plus que prévue ces dernières années. Pour y arriver, la pédagogie évolue donc avec une approche par compétence qui implique des mises en situations professionnalisantes qui compteront pour 40 % dans l’évaluation. « On s’assure par cette mise en pratique que les étudiants maîtrisent les compétences visées par le référentiel de formation », résume-t-elle. Les stages font partie de la mise en situation, tout comme l’alternance, qui sera possible en 3e année de BUT.
Si dans la plupart des spécialités, les parcours sont choisis en 2e année de BUT, en « Génie biologique », ce choix se fait dès la 1re année parmi les cinq parcours déjà existants, par exemple agronomie, sciences de l’aliment et biotechnologie (SAB)…
Alors que la 1re promotion de BUT a démarré en septembre 2021, certains points n’ont pas encore été clarifiés, comme les passerelles entre formations (BTSA, licences, écoles d’ingénieur…) et l’adaptation locale des parcours en fonction des LP intégrées.
* Si la formation n’existe plus, le diplôme sera toujours délivré au bout des deux premières années de BUT.