Service aux candidats

La dernière réforme de la formation professionnelle a simplifié les demandes en bilan de compétences. Cet outil reste un levier fort dans une carrière, tout comme le bilan professionnel, autre service exclusif de l’Apecita. Zoom sur ces dispositifs.

Suite à la nouvelle réforme de la formation professionnelle mise en application depuis janvier 2020, certaines procédures sont simplifiées, et c’est le cas du bilan de compétences. En effet, certaines contraintes ont été levées pour toute personne active du secteur privé (salarié, demandeur d’emploi) qui demande à bénéficier de ce dispositif. Par exemple, le financement est accordé sans tenir compte du délai entre deux demandes, qui auparavant était de cinq ans. Autre simplification, un salarié peut engager la démarche s’il est en poste depuis moins de deux ans. Cependant, la durée maximale à la réalisation du bilan (de 24 heures répartie sur plusieurs mois), qui était jusqu’alors conseillée, est désormais inscrite dans la loi. Le bilan de compétences est toujours éligible au compte personnel de formation mis en place depuis 2015. Pour des personnes sans emploi et dont le dernier employeur a cotisé à Agrica, l’Apecita propose aussi un bilan dit « professionnel ». Selon Anne-Sophie Clair de l’Apecita, ce dernier s’effectue sur une durée de douze heures en moyenne : « Il demande moins de temps qu’un bilan de compétences », spécifie-t-elle. Pourtant les objectifs des deux bilans sont strictement les mêmes. Ils s’adressent à des personnes désorientées dans leur vie professionnelle ou qui souhaitent faire le point sur leurs compétences.

THIBAULT CHEVAILLER A DÉPASSÉ SES LIMITES

À la suite d’un plan social, Thibault Chevailler, 28 ans, technicien génétique dans une coopérative d’insémination pour bovins, en profite pour réaliser un bilan professionnel : « J’ai réalisé ce bilan dans des conditions optimales, se rappelle-t-il. Au chômage mais motivé, j’ai rencontré une conseillère Apecita très compétente qui donnait des conseils et qui prenait en compte ma vie personnelle. J’ai ainsi pu reconnaître mes points forts : de la rigueur, un sens du relationnel et le goût de la technique, tout en dépassant mes points faibles. Je ne me sentais pas capable d’œuvrer hors de mon champ de compétences qui était la génétique animale. En réalisant ce bilan, j’ai dépassé cette vision trop fermée.
J’ai répondu à deux offres et envoyé trois candidatures spontanées dans des domaines dans lesquels je n’aurais jamais osé me positionner auparavant. » Aujourd’hui, Thibault Chevailler est responsable grand compte du secteur Grand-Est pour MSD Santé Animale.

Les organismes devront être certifiés
« Les candidats qui effectuent un bilan professionnel sont issus du monde agricole et souhaitent en général rester dans ce secteur, précise Anne-Sophie Clair. Ils se posent des questions, par exemple, sur leur relation au travail, sur leur capacité à travailler dans un métier qui ne leur convient pas. » Enfin, un dernier changement est inscrit dans la nouvelle loi de formation professionnelle qui impacte directement la réalisation de ces bilans : l’organisme en charge de ces prestations devra être certifié à partir de janvier 2022. En dehors de cette démarche certifiante, les prestations de formation ne pourront pas être financées par les ressources mutualisées par le compte personnel de formation, notamment pour les entreprises de moins 50 salariés. Comme d’autres structures, l’Apecita est en cours de certification. « Nous sommes en train d’adapter notre cahier des charges, relève Olivier Gloker, délégué régional Île-de- France. Cette certification sera le garant de la qualité de nos prestations. »

Cumuler les dispositifs existants
Enfin, il est aujourd’hui plus facile d’articuler ces bilans avec le conseil en évolution professionnel en raison des démarches facilitées. Comme le bilan de compétences, il est question de définir les besoins du salarié puis d’analyser ses différentes possibilités professionnelles, ses compétences ou ses connaissances, ainsi que ses aspirations, et de mettre en place les mesures nécessaires à son évolution professionnelle. À la différence du bilan de compétences, le CEP n’engage pas la personne à réaliser toutes les étapes.

UN GUICHET UNIQUE EN RÉGION

Un bilan de compétences peut être mis en place avant ou après un conseil en évolution professionnelle (CEP). Ce service, gratuit et accessible à tous les actifs, s’avère, lui aussi, facilité par la nouvelle loi de la formation continue. En plus des opérateurs nationaux (Pôle emploi, Apec, Cap emploi, Mission locale), le CEP peut être délivré par des opérateurs régionaux1 financés et sélectionnés par France compétences.
En région, un seul opérateur est mandaté afin de piloter et d’assurer le service pour des actifs occupés du secteur privé uniquement. « Le bilan de compétences et le CEP se complètent, affirme Fatène Salhi, directrice projet conseil en évolution professionnelle de Bourgogne - Franche-Comté. Le CEP peut bénéficier aux actifs autant de fois qu’ils le souhaitent et selon des modalités adaptées. Le bilan de compétences peut prendre le relais pour engager une réflexion plus approfondie sur les aptitudes, sur les compétences, sur les centres d’intérêt et pour accompagner la formalisation ou la mise en oeuvre du projet. À la différence du CEP, le bilan de compétences est une prestation payante dispensée par plusieurs organismes privés. »

MARIE-DOMINIQUE GUIHARD (Tribune Verte N°2935)