PAI : Point accueil installation

L’installation en agriculture continue de séduire un public désormais plus large. Qu’ils soient enfants d’agriculteurs, néoruraux en recherche de valeurs en lien avec la terre ou salariés en reconversion professionnelle, tous devront suivre un même cheminement avant de se retrouver à la tête de leur propre exploitation. Du premier contact dans un point info installation à l’étude de la faisabilité technico-économique du projet, en passant par la recherche de terres à louer ou de structures à reprendre, ce dossier vous détaille toutes les démarches à suivre pour une installation réussie.

Les démarches pour s’installer en tant qu’agriculteur débutent au point accueil installation (PAI). Chaque département en possède un. Ce dernier reçoit, informe et oriente tous les porteurs de projet.

Par où commencer lorsqu’on souhaite devenir chef d’exploitation agricole ? La première étape consiste à se rendre au point accueil installation (PAI). « Dans chaque département, une "porte d’entrée unique" est chargée d’accueillir et de coordonner l’accompagnement de proximité de toutes celles et ceux qui souhaitent s’installer en agriculture, décrit le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation dans son cahier des charges national du PAI. Afin de garantir une information exhaustive de qualité sur les différentes étapes conduisant à l’installation, le PAI apporte un service à chacun. Il est donc ouvert à tous les porteurs de projet en agriculture, qu’ils s’inscrivent dans une installation aidée ou non. » Ces structures, labellisées par les préfets de région, ont trois missions principales : accueillir, informer et orienter. « Nous accompagnons les personnes physiquement dans nos locaux, par téléphone ou par e-mail, quels que soient leur âge, leurs origines, les aides auxquelles elles prétendent, l’avancée de leur projet… », présente Pauline Singez, chargée de mission renouvellement des générations au sein de la chambre d’agriculture du Nord-Pas de Calais. L’information porte sur différents points : la réglementation et les démarches liées à une première installation dans trois domaines (production, transformation et commercialisation), les différents statuts d’emploi en agriculture (Gaec, EARL…), les aides existantes (nationales, régionales…), les dispositifs dédiés à la transmission des exploitations agricoles, les offres de formation professionnelle continue… Dans le cadre d’une installation aidée, le chargé de mission PAI présente les étapes essentielles : l’autodiagnostic des compétences, le plan de professionnalisation personnalisé (PPP), le plan d’entreprise (PE) et le suivi post-installation. Dans sa fonction d’orientation, le PAI remet par ailleurs la liste de tous les prestataires pouvant accompagner les porteurs de projet dans leur préparation à l’installation. Dans les Hauts-de-France, les producteurs souhaitant s’installer en bio peuvent notamment être dirigés vers le point accueil bio des Hauts-de-France regroupant la chambre régionale d’agriculture des Hauts-de-France, Bio en Hauts-de-France et A Pro bio. Selon l’état d’avancement du projet d’installation, les informations sont adaptées. À la phase d’émergence, certaines personnes recherchent un lieu d’activité, d’autres n’ont pas encore défini leurs productions et leurs circuits de commercialisation, certains ne connaissent pas le métier d’agriculteur et auront la volonté de se former…

Se former avec un BP REA

« Selon le statut de la personne, sa situation, le niveau de qualification souhaité, elle peut être orientée pour se former dans le cadre d’un brevet professionnel responsable d’entreprise agricole (BP REA) ou d’une certification technicien agricole (TA). Au-delà de la montée en compétences, ces diplômes seront nécessaires pour demander la dotation jeunes agriculteurs (DJA) pour laquelle il faut un diplôme de niveau IV », indique Pauline Singez. Aujourd’hui, il existe des BP REA spécialisés dans différentes productions (laitière, porcine, grandes cultures, maraîchage bio…). Au terme de la phase d’émergence – lorsque le préprojet est finalisé – le conseiller du PAI peut présenter en détail le document d’autodiagnostic des compétences ainsi que fournir la liste des conseillers en charge de l’élaboration du PPP et celle des prestataires de l’accompagnement (pour réaliser des études de marché), ou bien encore de faisabilité économique. « Ceux qui présentent un projet établi, qui ont le foncier et la production mettent un an pour s’installer », observe Pauline Singez. De manière générale, elle constate que dans leur démarche d’installation, certains sous-estiment les aspects liés au temps de travail et aux relations humaines. « Il peut y avoir des conflits de générations quand il y a le remplacement d’un associé », remarque-t-elle. Et de mettre en garde : « Les personnes s’intéressent de plus en plus tard aux aspects réglementaires, juridiques et fiscaux. Parfois, il est trop tard pour faire les choses correctement. L’anticipation est importante ! »

CAROLINE EVEN, Tribune Verte n° 2927