VÉTÉRINAIRE : UNE NOUVELLE VOIE pour se former

Début mars, UniLaSalle a reçu l’autorisation du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation pour ouvrir une école vétérinaire post-Bac à la rentrée 2022. D’ici 2025, un hôpital vétérinaire verra le jour sur son campus de Rouen.

À la rentrée scolaire 2022, l’Institut polytechnique UniLaSalle ouvrira une école vétérinaire sur son campus de Rouen. « Suite à la modification du Code rural, le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation (MAA) a accepté notre proposition d’école vétérinaire privée », indique Philippe Choquet, directeur général d’UniLaSalle. Ce projet n’est pas récent pour l’école d’ingénieurs qui a entrepris ses premières démarches il y a quatorze ans face à la menace des déserts vétérinaires. « En 2008, la crise n’était pas aussi aiguë qu’aujourd’hui. L’élément déclencheur date de 2020. Nous avons dépassé le seuil de 50 % d’inscrits à l’Ordre national des vétérinaires ayant obtenu leur diplôme à l’étranger, explique-t-il. Malgré les nouveaux vétérinaires formés en France et les afflux de vétérinaires formés à l’étranger, il y a toujours une pénurie de vétérinaires en France. [...] Toutes les filières (animaux d’élevage, de compagnie...) sont en situation de recrutement. »
À côté des quatre écoles nationales vétérinaires françaises, l’école vétérinaire d’UniLaSalle représente donc une nouvelle opportunité de formation en France. Celle-ci se prépare après le baccalauréat en six années. 100 places sont ouvertes pour la première promotion, avec l’objectif ensuite de proposer 120 places par an (dont 115 pour les Bacs généraux et 5 pour le Bac technologique STAV). Cette année déjà, les élèves intéressés ont pu s’inscrire sur Parcoursup. Les candidats sélectionnés sur leur dossier passeront bientôt une série d’épreuves complémentaires comprenant des entretiens oraux et des épreuves pratiques individuelles et en équipe. Les élèves qui intégreront l’école en septembre 2022 devront débourser, les trois premières années, 13000 euros par an, puis 17 500 euros par an les trois dernières années du cursus. « Si les étudiants sont très bons (mention TB au Bac) et très motivés, il ne faut pas que l’argent soit un frein », assure le directeur général. Plusieurs solutions seront proposées : bourse complémentaire, soutien financier de certaines collectivités dans des zones rurales (loi DDADUE du 3 décembre 2020), prêt d’honneur en interne... « Une partie de notre subvention du MAA sera fléchée sur la formation vétérinaire. Nous allons également chercher des financements complémentaires », poursuit-il.

36 semaines de stages

Côté pédagogie, l’école recrutera à terme 90 enseignants-chercheurs, dont 70 vétérinaires. « Durant les trois premières années, les étudiants seront formés sur l’animal sain, puis à partir de la 4 e année, ils étudieront l’animal malade dans le cadre de la formation clinique. La loi nous impose d’avoir un hôpital vétérinaire à partir du grade de master. Nous construirons donc un hôpital vétérinaire sur le campus de Rouen d’ici 2025. Cette formation clinique sera par ailleurs proposée sur un modèle particulier : 50 % de la formation aura lieu dans notre futur hôpital et 50 % sera réalisée en partenariat avec des cliniques vétérinaires partenaires », décrit Philippe Choquet.
36 semaines de stages seront au programme durant les 6 années. « Nous utilisons le maximum de stages autorisés par l’agence d’accréditation (AEEEV) », souligne-t-il. Les étudiants vétérinaires auront ainsi de longs stages en exploitation agricole, dans l’industrie de la viande ou bien encore en laboratoire. Si l’école d’ingénieurs UniLaSalle est traditionnellement associée au monde agricole, sa formation préparera bien à exercer tous les métiers de vétérinaires, auprès des animaux d’élevage et de compagnie, des équidés, dans la santé publique vétérinaire, la recherche ou l’industrie.

Caroline Even, Tribune Verte n°2988