Un manque de lisibilité des formations (Mainaud Créations, Ain)

Faire évoluer les compétences des salariés dans un secteur en pleine croissance comme le paysagisme serait un plus. Mais le manque de formations adaptées, notamment en certificats de qualification professionnelle, est un frein, selon André Bisaccia, cogérant de la société Mainaud Créations.

Mainaud Créations, entreprise de paysagisme basée à Bourg-en-Bresse dans l’Ain, compte 58 collaborateurs, dont 8 apprentis. Elle est positionnée sur le marché des particuliers pour la création, l’entretien des jardins, mais aussi la construction de piscines. « Nous sommes un ensemblier de l’extérieur », explique André Bisaccia, cogérant de la société Mainaud Créations.

Peu de formations disponibles

Depuis plusieurs années, le secteur du paysagisme est en forte croissance, mais il s’est aussi diversifié. « Notre métier est encore jeune, l’activité est en forte croissance. Le métier de paysagiste est très vaste et regroupe une grande diversité de métiers. Aujourd’hui, chaque entreprise a ses spécificités, sa façon de travailler, et tend à se professionnaliser sur un marché précis, comme l’élagage, la construction de piscines, etc. Par exemple, notre société ne fait que le marché des particuliers, pas les marchés publics. Cette évolution des entreprises du paysage vers une spécialisation implique que les compétences des salariés soient très pointues. Les formations généralistes ne conviennent plus. Un travail conséquent a été fait au niveau de la formation initiale, mais concernant les salariés en poste, nous sommes un peu démunis pour trouver des formations adéquates afin de les faire évoluer, de leur faire acquérir de nouvelles compétences. D’autant que, pour nos activités, les formations à distance ne sont pas idéales », estime-t-il. Les aspects formations sont classiquement abordés avec les salariés lors des entretiens annuels. « Ce sont des moments faits pour cela, mais le sujet de la formation peut aussi être amené plus ponctuellement en fonction des situations, notre entreprise étant à taille humaine », précise André Bisaccia. Le financement des formations est pris en charge pour partie par Ocapiat, et le reste par l’entreprise. « Mais nous avons du mal à trouver des formations, comme des certificats de qualification professionnelle (CQP) adaptés à notre activité. Il en existe peu, et il y a de vrais manques dans certains métiers, notamment en maçonnerie. Et quand des formations sont en place, elles ne sont pas forcément proches géographiquement, regrette-t-il. C’est pour moi le premier frein à la formation des collaborateurs. Nous faisons peu de formations dans la pratique, alors que ce serait intéressant à la fois pour le salarié et pour l’entreprise. Mais quelle formation proposer à une personne en poste depuis 25 ans ? Nous manquons aussi de lisibilité sur les formations disponibles. » La question se pose pour les salariés en poste depuis longtemps, mais également pour les salariés embauchés suite à une reconversion professionnelle. « Par exemple, nous travaillons actuellement avec deux personnes en reconversion au sein de l’entreprise, que nous aimerions faire évoluer. Hormis la formation en interne, nous ne savons pas par quels biais accélérer leur apprentissage sur des thématiques spécifiques, comme la maçonnerie, la pose de dallage, l’utilisation d’une pelle mécanique, l’implantation d’un chantier ou encore le management d’une petite équipe de deux à trois personnes », résume le cogérant.

Emmanuelle Thomas, Tribune Verte n° 2984