Techniciens, ils dévoilent leur quotidien

Martin Gosselin, technicien bocage
« J’ACCOMPAGNE LES PROJETS DE PLANTATION D’ARBRES ET DE HAIES »

« Depuis tout petit, j’ai toujours aimé être dehors et je souhaitais exercer un métier en extérieur, évoque Martin Gosselin. J’ai toujours été passionné par l’agriculture et les arbres, que je plantais déjà à l’âge de 3-4 ans. » Il a donc suivi un cursus axé sur l’environnement dès le lycée, puis s’est orienté vers un Bac technologique STAV, option aménagement des territoires, au lycée forestier de Mesnières-en-Bray. Il a ensuite poursuivi avec un BTS en gestion forestière, dans le même établissement, avant d’enchaîner sur une licence professionnelle forêts, gestion et préservation de la ressource en eau, entre Tours et Montargis. Il a conclu son parcours par une formation certifiante en tant que technicien conseil dans l’agroforesterie. « Suite à cela, j’ai effectué un service civique dans l’Orne au sein d’un Centre permanent d’initiatives pour l’environnement (CPIE), explique Martin Gosselin. Puis, j’ai été embauché dans le Maine-et- Loire au sein d’une association de Mission bocage pour laquelle j’ai travaillé un an et huit mois. Depuis septembre 2019, j’occupe la fonction de technicien bocage au parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin, dans la Manche. »
Ses principales missions concernent l’accompagnement de porteurs de projets qui souhaitent implanter des arbres et des haies. Ceux-ci sont à 70 % des agriculteurs, mais il y a également des particuliers et des collectivités. Cet accompagnement s’étend du diagnostic initial à la réception du chantier, en passant par les demandes de subventions. « Une fois la demande de subventions faite, je dépêche l’ensemble des entreprises qui vont faire les travaux, détaille le technicien. Lorsque les travaux sont achevés, je réceptionne le chantier et accompagne les porteurs de projets durant la première année pour le suivi des arbres. » Cet hiver, il a géré l’implantation de 13 km de haies subventionnées sur une quarantaine de projets. Pour ce qui est hors subventions, cela représente 1 km de haies. Le technicien bocage accompagne les agriculteurs sur des implantations de haies, mais également sur leurs projets de plantation d’arbres en agroforesterie. Cela concerne entre 400 et 500 arbres tous les hivers. En dehors de ces missions principales, il propose aux porteurs de projets de faire un plan de gestion de leur bocage. Il travaille aussi avec les élus, en particulier sur les problématiques d’érosion et de ruissellement. Concernant les aspects qu’il apprécie le plus dans son métier, Martin Gosselin indique : « Même si les travaux sont délégués à des entreprises extérieures, ce qui me plaît est d’accompagner la personne du début à la fin sur son projet de plantation. C’est aussi l’aspect concret du travail, comme lorsque l’on repasse deux ou trois ans après et que l’on constate que la haie s’est bien développée. De plus, chaque projet est unique avec ses propres contraintes et spécificités. Le travail est varié. »


Corentin Corblin, technicien d’expérimentation en arboriculture
« UN TRAVAIL QUI DÉBOUCHE SUR DES SOLUTIONS CONCRÈTES POUR LES ARBORICULTEURS »

Technicien d’expérimentation en arboriculture, Corentin Corblin affectionne les sciences et la biologie. Il a ainsi toujours voulu travailler dans le domaine de la recherche scientifique. Après un Bac scientifique, il s’est orienté vers une licence recherche en biologie fonctionnelle de la plante à l’université de Montpellier, suivie d’une année en licence professionnelle à l’université de Chartres en valorisation des ressources végétales. C’est durant ses stages de licence, effectués au Cirad et au Ctifl, qu’il découvre l’agronomie et le métier de technicien d’expérimentation. Depuis cinq ans, il occupe un poste de technicien d’expérimentation en arboriculture au sein de SudExpé, à Marsillargues dans l’Hérault. « Ce qui me plaît dans ce métier, c’est qu’il allie du travail de recherche au bureau sur ordinateur et en extérieur sur le terrain, au contact des arbres, témoigne Corentin Corblin. On participe activement à l’expérimentation, que l’on met en place de bout en bout. Cela démarre en sortie d’hiver, à partir du débourrement, jusqu’à la récolte, voire à la conservation des fruits.
Le métier est varié, nous pouvons travailler sur l’évaluation variétale, l’évaluation des porte-greffe, les techniques de conduites culturales, les méthodes d’irrigation, ou encore sur les techniques de protection phytosanitaires, pour lesquelles il faut trouver des alternatives face aux retraits de produits de ces dernières années. » Les nouvelles technologies sont également étudiées dans son domaine, par exemple le pilotage de station météo ou d’outils d’aide à la décision. L’objectif est de prendre en compte les problématiques des arboriculteurs et de trouver des solutions pour les résoudre au travers de différents angles, tout en travaillant dans des conditions proches de celles rencontrées par les producteurs. « Nous sommes vraiment dans la recherche de techniques qui peuvent être appliquées directement par les arboriculteurs dans leurs vergers, explique le technicien. On se retrouve face à des problématiques concrètes, et dès lors que l’on peut apporter une solution à un problème, cela est valorisant. » Au-delà de sa station d’expérimentation et ses 11 ha de vergers, Corentin Corblin est également amené à conduire des expérimentations directement chez des producteurs. Aujourd’hui, il ne regrette pas son métier, qui combine les domaines qu’il aime. « La saisonnalité du travail me plaît beaucoup. D’une journée à l’autre, les activités sont diverses. L’hiver, nous analysons les données collectées durant la saison et nous préparons les expérimentations pour l’année à venir. »

Florian Bougrain, technicien d’expérimentation céréales et oléagineux
« JE TESTE DES VARIÉTÉS AFIN DE GARDER LES MEILLEURES »

Florian Bougrain, le milieu de la production de semences, ça le connaît ! Sur l’exploitation familiale en Eure-et-Loir, la multiplication de semences fait partie des productions depuis longtemps et Florian Bougrain a toujours baigné dedans. C’est donc naturellement qu’il s’oriente vers des études agricoles avec une spécialisation dans les productions végétales. « J’ai effectué un Bac technologique STAE au lycée agricole de Nermont à Châteaudun, explique-t-il. Puis, j’ai enchaîné sur un BTS technologies végétales au lycée agricole de Sainte-Maure, dans l’Aube. Durant cette formation, j’ai réalisé mon stage sur la station d’expérimentation d’Arvalis, à Beaucela-Romaine. C’est de cette expérience qu’est venu mon goût pour l’expérimentation. » À la fin de son BTS, en juin 2006, il entre comme saisonnier au sein de Limagrain durant un mois. Puis, en août, il est embauché par Caussade Semences en tant que technicien d’expérimentation. Il sera responsable de l’expérimentation maïs pour tout le quart Nord-Ouest de la France ; un poste qu’il occupera durant quatorze ans. « Je suis ensuite parti chez un négoce, afin de mettre en place une activité de thermonébulisation pour les stockages de pommes de terre. Mais je me suis rendu compte que ce n’était pas ce que j’aimais et que l’expérimentation me manquait », se rappelle le technicien. En avril 2021, il retourne vers son domaine de prédilection et intègre la société DSV, spécialisée dans la sélection variétale. Il y occupe le poste de technicien d’expérimentation en céréales et oléagineux. « Mon travail consiste à tester des variétés produites en pépinières de sélection afin de ne garder que les meilleures, détaille-t-il. Pour cela, nous devons veiller à les semer dans des parcelles les plus homogènes possible. Je m’occupe de tout l’itinéraire cultural, du semis à la récolte, en passant par la fertilisation et la protection phytosanitaire. Tout au long du cycle de production, je réalise des notations dans les parcelles afin de collecter le maximum d’informations. Le but est de sélectionner les meilleures variétés afin de les inscrire au catalogue. » Ce que Florian Bougrain affectionne le plus dans son métier est le travail d’équipe, ainsi que les phases d’observation et de caractérisation des espèces. Il apprécie ce travail de sélection et d’être au service d’un obtenteur.

WILLY DESCHAMPS, Tribune Verte N°2987