Technicien d'expérimentation, un métier qui mérite d’être connu

Antédis, entreprise spécialisée dans l’expérimentation agronomique, recrute régulièrement des techniciens en expérimentation. Ce métier est encore trop peu connu, les candidats ne sont pas toujours au rendez-vous. C’est pourquoi Antédis va communiquer directement auprès des jeunes de lycées agricoles afin de leur expliquer ce métier.

En 10 ans, le chiffre d’affaires d’Antédis a été multiplié par trois. L’entreprise évalue de nouvelles variétés et de nouveaux produits de protection et de nutrition des plantes. Ses clients sont des semenciers, des obtenteurs, des firmes, des coopératives, des négociants, des instituts techniques, des centres de recherche et de formation… Son credo pour ses clients est qualité, unité et pérennité.

Des CDD qui évoluent en CDI
Ces dernières années, de nouveaux essais sont menés dans le domaine des biosolutions : produits de biocontrôle et biostimulants. Côté semences, de nouvelles pistes ont été déployées pour de nouveaux débouchés et de nouvelles pratiques comme la méthanisation ou les plantes de services. Antédis ouvre régulièrement de nouvelles unités d’expérimentation en France. Les deux dernières, ouvertes cette année, se situent près de Toulouse Est et dans l’Yonne. « Nous prévoyons au moins deux nouvelles bases d’ici deux ans sur Angers et dans le couloir rhodanien où nous ne sommes pas encore présents, annonce Olivier Marchal, président d’Antédis. Les clients se sont restructurés et nous devons avoir une couverture nationale la plus fine possible. » L’entreprise dispose de deux ateliers mécaniques dans lesquels elle gère la maintenance et crée de nouvelles machines quand celles-ci ne sont pas commercialisées. Par exemple, un épandeur à engrais de précision a été élaboré afin d’obtenir une bonne répartition du fertilisant sur les essais sur cultures légumières de plein champ, sur céréales, sur betteraves et maïs. « Nous travaillons actuellement avec un bureau d’études afin de rendre les applications plus autonomes », évoque Olivier Marchal. L’entreprise recrute régulièrement des techniciens en expérimentation. « Tous les ans, nous prenons des CDD puis leur contrat évolue en CDI après la saison », informe Anne-Charlotte Marchal, directrice financière et des ressources humaines chez Antédis.
Antédis publie les offres d’emploi par le biais de l’Apecita notamment et son site Internet. L’entreprise est également présente sur LinkedIn. Elle recrute tous les ans une dizaine de saisonniers, une quinzaine d’apprentis et une quinzaine de stagiaires.

Des postes vacants en Beauce et en Normandie
Pour le métier de technicien en expérimentation, ce sont notamment des aptitudes liées au savoir-être qui sont recherchées : rigueur, sens de l’observation, disponibilité, goût du travail en extérieur et en équipe, autonomie. « Chez Antédis, nous cultivons l’autonomie et la confiance », indique Anne-Charlotte Marchal. Le technicien en expérimentation dispose de son programme d’essais et il s’organise de façon autonome. « L’autonomie ressort comme un avantage indéniable lors des entretiens réalisés dans le cadre du bilan des six années passées dans l’entreprise, détaille-t-elle. Il n’y a pas de circuits de validation lourds, cela est apprécié par les collaborateurs. » En ce qui concerne les parcours de formation, les personnes recrutées au poste de technicien en expérimentation disposent souvent d’un BTS agronomie productions végétales, d’une licence pro agronomie, d’un DUT en agronomie, et dans une moindre mesure d’un master en productions végétales. Mais Antédis a des difficultés à recruter : « Il y a un désamour pour l’agriculture, précise Anne-Charlotte Marchal. Actuellement nous avons des postes vacants en Normandie. » Et cela est d’autant plus difficile dans certains secteurs comme la Beauce. Les potentiels candidats ont comme projet de reprendre l’exploitation familiale plutôt que d’être salarié. Les deux dirigeants notent un manque de communication sur ce métier, souvent méconnu des jeunes. C’est pourquoi Semae (anciennement le Gnis) a lancé en mars dernier une campagne de communication intitulée Semeurtime afin de sensibiliser les jeunes aux opportunités offertes par la filière semences. De son côté, Antédis va intervenir dans les écoles agricoles. Pour ses 25 ans, en 2020, un film d’entreprise a été réalisé. Il sera décliné en plusieurs modules afin de présenter le métier de technicien en expérimentation en semences et en protection et nutrition des plantes aux étudiants. « Des techniciens se sont proposés pour présenter leur métier dans les lycées de leur région, précise Anne-Charlotte Marchal. Nous nous devons d’être moteurs pour parler du métier. » L’idée est d’expliquer le métier et ses spécificités. « C’est un métier qui gagne à être connu, nous vivons un véritable retour de l’agronomie, qui fait appel à des nouvelles technologies comme les drones », évoque Olivier Marchal. Les dirigeants souhaitent que la licence pro expérimentateur du végétal, dispensée au CFA NaturaPôle de Mont-Saint-Aignan, soit dupliquée dans d’autres régions. Antédis travaille avec le lycée agricole de Châteaudun afin de mettre en place cette formation. Mais cela prendra du temps avant que la formation ne voie le jour.

Antédis
« L’ENTREPRISE APPARTIENT AUX SALARIÉS »

« L’entreprise appartient aux salariés », tel est le slogan d’Antédis. « Tout salarié qui le souhaite peut entrer au capital de l’entreprise, indique Anne-Charlotte Marchal, directrice financière et des ressources humaines chez Antédis. Nous n’avons ni capitaux extérieurs ni financiers. » Olivier Marchal, le président, ajoute : « Chacun concourt à la richesse de l’entreprise et peut prétendre à un retour. » Chez Antédis, il y a une forte politique d’intéressement aux résultats : selon les dividendes, par des accords de participation et d’intéressement. « Cela peut représenter trois à quatre mois de salaire », stipule-t-elle.

Stéphanie BOT, Tribune Verte N°2969
Crédit photo : ANTÉDIS