Se former

Preuve du réel intérêt porté par l’enseignement agricole à l’agriculture biologique, de plus en plus de formations, aussi bien diplômantes que qualifiantes, obtiennent la reconnaissance « orientation AB ». Les supports d’apprentissage que sont les exploitations agricoles au sein des établissements évoluent également parallèlement à ce mouvement de fond, et sont de plus en plus nombreux à se convertir.

Longtemps considérée comme « anecdotique », l’agriculture biologique doit désormais être évoquée dans l’ensemble des formations de l’enseignement agricole, et ce depuis 2008. Les établissements peuvent choisir d’aller plus loin en proposant des formations spécifiques bio : ils peuvent alors les faire reconnaître « à orientation agriculture biologique ». La reconnaissance de ces formations est encadrée et pour obtenir cette orientation, les établissements doivent constituer un dossier qui sera instruit par le service régional de la formation et du développement de la Draaf(1).
Ainsi, l’offre de formation dans le domaine de l’agriculture biologique s’étoffe chaque année, pour atteindre maintenant plus de 130 formations offertes.
Les formations agricoles diplômantes spécifiques agriculture bio ou à orientation AB sont proposées dès le niveau 3 avec des CAP agricole et des BPA notamment dans le secteur des productions horticoles. Au niveau 4, outre quelques Bacs pro, l’essentiel de l’offre de formation se concentre autour du BPREA qui a vocation à former de futurs agriculteurs en vue de leur installation. L’essentiel des filières est représenté : maraîchage, grandes cultures, viticulture, élevage… L’offre en BTSA commence à s’étoffer et des établissements proposent désormais des BTSA ACSE, viticulture-œnologie, production horticole (maraîchage, arboriculture, etc.), avec une orientation
AB. Du côté des diplômes Bac+3, difficile de passer à côté de la licence professionnelle Agriculture biologique, conseil et développement » dit licence pro ABCD, proposée sur 10 sites en France, dont deux dans les Dom. Il existe également une licence pro agriculture biologique : production – conseil - certification et commercialisation, dispensée par l’Université d’Angers. On notera que la plupart des écoles d’ingénieurs et certains masters proposent un module ou des interventions sur le thème de l’agriculture biologique, voire des parcours modulaires complets en agriculture biologique. L’ensemble des formations « à orientation bio » aujourd’hui en place est recensé sur le site du réseau bio de l’enseignement agricole : reseau-formabio.educagri.fr.
Mais une formation spécifique en AB n’est pas forcément indispensable pour évoluer dans le secteur. Une forte sensibilité à ce mode de production et un diplôme de l’enseignement agricole (voir schéma de formation) justifiant d’un certain nombre de compétences et de connaissances peuvent suffire à retenir l’attention des recruteurs. La réalisation de stages dans le secteur peut également apporter une réelle plus-value sur le CV.

Les formations qualifiantes pour une expertise AB
Il existe, dans le secteur de l’agriculture biologique, un certain nombre de formations dites
« qualifiantes » qui permettent d’acquérir une expertise, de nouvelles compétences, et d’accroître ainsi sa qualification. Citons, parmi les plus connues, le certificat de spécialisation (CS) conduite de production en agriculture biologique et commercialisation, le certificat de qualification professionnelle (CQP) vendeur – conseil en produits biologiques, le parcours professionnalisant en agriculture biologique ou encore la spécialisation d’initiative locale (SIL) maraîchage biologique. Certains établissements proposent d’autres formations plus spécifiques. Que ce soit pour trouver une formation qualifiante ou une formation diplômante, n’hésitez pas à consulter le site www.agrorientation.com.
Mais le développement de l’enseignement de l’agriculture biologique ne se limite pas à l’évolution des référentiels et à l’ouverture de nouvelles formations. Les supports d’apprentissage que sont les exploitations agricoles au sein des établissements ont évolué parallèlement à ce mouvement de fond. De nombreuses exploitations de l’enseignement agricole public se sont converties totalement ou en partie à l’agriculture biologique. Selon les derniers chiffres du ministère de l’Agriculture en date du 1er janvier 2021, 66,8 % de ces exploitations conduisent tout ou partie de leurs surfaces selon le cahier des charges de l’agriculture biologique (certification obtenue ou conversion), dont 36 sites d’exploitation entièrement convertis ou en conversion (soit 19 % des exploitations). Ainsi, près de 25 % des surfaces de la ferme enseignement agricole public sont en bio ou en conversion. À titre de comparaison, 9,5 % de la SAU nationale sont actuellement conduits en agriculture biologique.

(1) Direction régionale de l’alimentation de l’agriculture et de la forêt.

 

Aude BRESSOLIER, Cahier expert « L’emploi dans l’agriculture biologique »
Crédit photo : VALENTINVALKOV/ADOBE STOCK