Quatre questions sur le métier d’ingénieur en alimentation

Nouveaux produits ou emballages, nouvelles procédures de fabrication… l’ingénieur recherche et développement (R & D) en agroalimentaire n’a qu’un mot d’ordre : in-no-ver ! Une condition indispensable pour les entreprises d’un secteur très concurrentiel.

Un nouveau yaourt, un plat végan, des algues alimentaires, croquettes pour chat… l’ingénieur recherche et développement (R & D) en agroalimentaire n’a qu’un but : développer des produits novateurs, crée de nouvelles gammes de produits, de leur composition à leur conditionnement ou tente d’améliorer l’existant. Près de la moitié des produits qui seront consommés dans 5 ans ne sont pas encore créés ! Et 56 % des nouveaux produits disparaissent des rayons au bout de 6 mois, faute d’avoir trouvé leur place auprès des consommateurs.

À partir des besoins des consommateurs, identifiés par le service marketing, il conçoit un prototype avec les chimistes et les biologistes. Une fois le produit testé en laboratoire, il suit le lancement de la fabrication industrielle. L’ingénieur R & D doit tenir compte des contraintes liées au prix de revient et à la fabrication et collabore avec de nombreux services : marketing, laboratoire, production… mais aussi avec les fournisseurs de matières premières.
Pour élaborer une recette ou concevoir un emballage, rigueur scientifique et créativité vont de pair. Le métier est ouvert aux jeunes diplômés et constitue un bon tremplin de carrière.

Quelle formation faut-il suivre ?
Voici un métier qui exige du goût et du nez ! Avec aussi une solide formation en chimie et/ou agroalimentaire de niveau 7 pour les ingénieurs. On peut débuter son parcours avec un BTS Bioqualité ou Biotechnologies, un BTSA Sciences et technologies des aliments, un BUT Génie biologique (parcours Sciences de l’aliment et biotechnologie ou Diététique et nutrition), une licence pro Industries agroalimentaires : gestion, production et valorisation ou une licence en biologie ou chimie.

Accessibles aux niveaux bac ou bac + 2, plusieurs écoles d’ingénieurs proposent dans l’Ouest une spécialité agroalimentaire : Agrocampus Ouest à Rennes, Esiab à Quimper, Esix à Caen, Oniris (École vétérinaire) à Nantes… L’École nationale supérieure de chimie de Rennes propose, elle, une majeure Chimie et technologies pour le vivant qui offre des débouchés en recherche et développement dans l’industrie agroalimentaire.

Côté masters, de nombreuses universités (Caen, Rennes, Brest, Nantes, Lille) proposent la mention Nutrition et sciences des aliments avec des parcours divers : Innovation produits et procédés en industrie alimentaire, Innovation alimentation. L’université du Havre offre un parcours Arômes, parfums, cosmétiques au sein d’un master Chimie. Parcours proche à Paris-Saclay dans un master Chimie et sciences du vivant.
Coût des études : 243 € par an en master, de 601 € à 1 765 € par an dans les écoles d’ingénieurs citées, rémunérées en apprentissage.

Y a-t-il beaucoup d’embauches ?
Oui, elles sont nombreuses. Et pour cause ! L’agroalimentaire est le premier secteur industriel en France. Ce sont surtout les grands groupes qui emploient les ingénieurs recherche et développement (R & D), même si les PME (petites et moyennes entreprises) qui souhaitent se démarquer -ou exporter- font de plus en plus appel à ce métier. Près de la moitié des produits qui seront consommés dans 5 ans ne sont pas encore créés. Le besoin d’ingénieurs imaginatifs en alimentation est donc constant.

Quel est le salaire net ?
De 1 800 à 2 300 €. Un ingénieur débutant émargera à 1 800 € net mensuel. Pour trouver la perle rare, les entreprises ont tendance à privilégier les candidatures spontanées aux annonces sur les sites de recrutement. Elles font également du recrutement direct dans les écoles d’ingénieurs et les universités. Ce métier est un bon tremplin de carrière. L’évolution possible vers le métier d’ingénieur aromaticien, ingénieur de production, le marketing, ou directeur en recherche et développement (R & D).

Quelles qualités sont requises ?
Rigueur scientifique, organisation, sens créatif pour élaborer une recette. Sens d’analyse et de synthèse. Capacité à mener plusieurs projets de front en intégrant contraintes industrielles et commerciales. Bon sens de la communication (rédaction de rapports). L’ingénieur doit aussi pouvoir expliquer ses choix à l’oral. Sens de la gestion (des délais et des coûts de fabrication). Maîtrise de l’anglais, écrit et oral, est indispensable, les deux tiers des publications sont rédigées dans cette langue. Et, bien sûr, avoir de bons sens du goût et de l’odorat !

Source : Ouest-France