Productions animales : Des formations BAC + 3 pour améliorer la prestance

La licence professionnelle productions animales du Cnam de Franche-Comté et l’Agro-bachelor de Bernussou en Aveyron forment de futurs conseillers en élevage. En un an, l’étudiant développe son autonomie, le travail en équipe et améliore sa prestance. Ces deux formations de niveau Bac + 3 sont réalisées en alternance ou en contrat de professionnalisation.

Malgré un marché de l’emploi en tension, les formations dans le secteur des productions animales attirent toujours. Et pour preuve, la licence professionnelle productions animales du Cnam Conseiller technique en élevage fait toujours salle comble avec ses promotions bien remplies. Sur 70 demandes, l’établissement n’en retient que 20 à 30. « L’entrée se fait sur dossier et sur entretien, afin de s’assurer du projet professionnel, des compétences en adéquation avec la formation et de l’envie du jeune », indique Laurence Martin, responsable de formation licence productions animales conseil en élevage à Châteaufarine (25). Cette licence professionnelle est dédiée aux filières bovin lait, bovin viande et porc. Délivrés par le Cnam de Franche-Comté, les cours ont lieu au centre de formation Châteaufarine. Cette licence compte trois types d’intervenants : ceux du Cnam, les formateurs de Châteaufarine et des partenaires des organismes para-agricoles locaux. « C’est un plus afin de bien comprendre le réseau agricole », ajoute-t-elle. Différents métiers peuvent être exercés après l’obtention de cette licence professionnelle : conseiller en bovin viande, lait ou porc, conseiller d’entreprise, technico-commercial ou inséminateur. Le taux d’insertion est bon. « Dans la promotion de l’an dernier, 10 % continuent leurs études », souligne Laurence Martin.

Développer l’autonomie

Cette formation est réalisée sur une année et en apprentissage. Ainsi, les étudiants ont une posture de salarié avec des responsabilités. Ils s’engagent à travailler dans l’entreprise et à valoriser également la formation. Dans le cadre de cette licence professionnelle productions animales, ils ont notamment deux dossiers à rendre : l’un sur la connaissance et l’analyse de leur entreprise d’apprentissage, l’autre sur un projet tuteuré dans l’entreprise répondant à une problématique donnée.
Grâce à cette licence professionnelle, les étudiants développent leurs compétences techniques, leurs savoir-être et la négociation. Ils affinent leur prestance et travaillent en équipe. « Quand on veut conseiller des éleveurs, il faut les comprendre et adopter la bonne posture conseil, c’est-à-dire comment amener le conseil et donner à l’éleveur l’envie de changer », détaille Laurence Martin.
Grâce à une année supplémentaire après le BTS, les étudiants obtiennent un diplôme supplémentaire. Et les exigences en licence sont plus fortes qu’en BTS, sur la qualité des dossiers à rendre et sur le niveau d’analyses. « Nous cherchons à développer leur autonomie », indique Laurence Martin. En alternant entreprise et école, les étudiants doivent respecter les échéances aussi bien de l’entreprise les employant que celles demandées dans le cadre de la formation : « Cela demande une vraie organisation de travail », stipule-t-elle.
À l’autre bout de la France, en Aveyron, le pôle de formation en élevage et agromachinisme de Bernussou propose désormais un Agro-bachelor en partenariat avec l’école d’ingénieurs de Purpan. Pendant une quinzaine d’années, il proposait une licence professionnelle dans le secteur animal. « L’évolution du partenariat permet de renforcer la reconnaissance de notre formation », évoque Alexandre Meyniel, coordinateur du pôle de formation de Bernussou et responsable pédagogique bovin viande de l’Agro-bachelor. Deux parcours sont proposés depuis cette rentrée 2022 : bovin viande et bovin lait. Un parcours porcin est en cours de préparation pour la rentrée prochaine. Sur 120 candidatures, la moitié a été retenue. Les candidats ont généralement un BTS ACSE ou PA, un DUT génie biologique ou un bachelor de Purpan. Lors de la journée de positionnement, les formateurs rencontrent les candidats et les sélectionnent. Un jobdating est organisé avec les entreprises partenaires afin de mettre en relation les candidats avec une entreprise en recherche d’un contrat de professionnalisation. En effet, les étudiants sont 35 semaines en entreprise et 17 semaines au centre de formation. « L’objectif est que les jeunes restent dans l’entreprise à l’issue de leur diplôme », évoque Alexandre Meyniel.

Effectuer un stage de mobilité européenne

Les intervenants sont à 80 % de l’extérieur : Institut de l’élevage, Inrae, école vétérinaire de Toulouse, entreprises du secteur de l’alimentation animale, Interbev, Cniel, et chambre d’agriculture de l’Aveyron. Les autres formateurs sont ceux du pôle de formation de Bernussou. À l’issue de cet Agro-bachelor, les étudiants peuvent se tourner vers les métiers de conseiller d’élevage, technicien de chambre d’agriculture, de coopérative, d’organismes de sélection, dans l’alimentation animale… Dans l’année, des modules délocalisés sont prévus : une semaine sur l’engraissement en Vendée ou dans le Limousin, une semaine sur le pâturage dans l’Orne. Un stage de mobilité européenne de deux semaines est effectué dans une exploitation agricole.
Quelles sont les nouveautés de l’Agrobachelor par rapport à la précédente licence professionnelle ? « Des interventions ont lieu à l’école de Purpan, explique Alexandre Meyniel. Les étudiants devront avoir un score minimum au Toeic. » Quant aux différences entre un Agro-bachelor et un BTS, il répond : « Les étudiants gagnent en maturité avec l’Agrobachelor. La formation leur apporte une posture professionnelle face aux agriculteurs et en entreprise. Ils améliorent leur prestance et leur savoir-être professionnel. Leur bagage technique est plus élevé. Ils sont opérationnels sur le terrain avec une finalité de conseiller. »

STÉPHANIE BOT, Tribune Verte n°2998

Marché de l’emploi : 54 % des offres d’emploi APECITA accessibles au niveau Bac + 3

Toutes filières confondues, le niveau Bac + 2 est le plus souvent cité dans les offres d’emploi, mais les employeurs ouvrent leurs recherches jusqu’au niveau ingénieurs/Bac + 5 : « Le Bac + 2 est cité dans 62 % des offres ; le Bac + 5 dans 56 % et le Bac + 3 à 54 %, précise Laurence Stephan, déléguée régionale de l’APECITA Lorraine-Champagne-Ardenne. Dans ces données, sont incluses 16 % des offres qui ne mentionnent pas le niveau d’études. » Côté candidats, les diplômés Bac + 2 se font très rares sur le marché de l’emploi depuis au moins une dizaine d’années : « Ils poursuivent leurs études vers des licences, voire plus », signale-t-elle. Au-delà du niveau de diplômes, les employeurs sont attentifs aux compétences acquises lors de la poursuite d’études, qu’elles soient techniques ou plus personnelles. « La licence professionnelle permet de gagner en maturité sur la gestion de projet, le travail en groupe et l’autonomie, évoque Laurence Stephan. Ces points rentrent dans les compétences recherchées par les employeurs. Ils seront également très attentifs aux motivations et aspirations des candidats, surtout pour les contrats qui s’inscrivent dans la durée. »

Zoom : Quelles formations à Bac + 3 dans le secteur des productions animales ?

Vous cherchez à vous spécialiser dans le secteur des productions animales après votre Bac + 2 ? Voici une liste des licences professionnelles (LP) et des bachelors qui peuvent vous intéresser :

  • LP Biologie analytique et expérimentale parcours végétal et parcours animal
  • LP Conseil, valorisation et commercialisation des animaux d’élevage
  • LP Conseiller en élevage spécialisé en bien-être animal
  • LP Développement et conseil pour la filière ovine
  • LP Métiers du conseil en élevage, parcours : viande, lait ou porc
  • LP Métiers du conseil en élevage, options : lait, porc ou fourrage
  • LP Productions animales
  • LP Productions animales, métiers du conseil en élevage
  • LP Productions animales, audit et génétique en élevage
  • LP Productions animales, option développement et valorisation des produits de l’élevage
  • LP Productions animales, spécialité conseiller en élevage, éleveur
  • LP Technologies en physiologie et physiopathologie, applications à la pharmacologie ou applications à la santé animale
  • Bachelor Métiers du conseil en élevage (bovin lait et bovin viande)