Médecine vétérinaire : des débouchés variés

Que ce soit dans l’élevage, dans la recherche scientifique, dans l’agroalimentaire ou dans l’industrie pharmaceutique, de multiples débouchés professionnels s’offrent aux diplômés en médecine vétérinaire. Quatre écoles en France préparent au diplôme d’État de docteur vétérinaire, accessible aux étudiants sur concours après un bac + 2 ou un bac +3, une classe préparatoire ou, désormais, juste après le bac.

Spécialiste de la médecine vétérinaire et de la chirurgie des animaux, qu’ils soient d’élevage (bovins, porcs…) ou de compagnie (chiens, chats…), le vétérinaire exerce un métier aux multiples facettes en intervenant dans les domaines variés de la santé et de la protection des animaux, de la sécurité sanitaire des aliments et de la santé publique ou encore de la préservation de la faune et de l’environnement.
Le vétérinaire peut choisir de nombreuses spécialités et exercer aussi bien dans la santé publique que privée : dans les cliniques vétérinaires, les centres d’urgence, ou encore en tant qu’indépendant dans des cabinets privés. Il peut travailler comme employé dans des élevages, dans des usines de production d’alimentation animale, dans l’industrie pharmaceutique ou agroalimentaire (avec des fonctions de production de médicaments ou d’aliments pour les animaux, de marketing, d’appui technique et commercial, de pharmacovigilance ou de contrôle qualité). Les vétérinaires peuvent également exercer dans les parcs zoologiques et les parcs naturels, les universités et les centres de recherche et au sein d’organismes de contrôle de la santé et du bien-être animal, d’organismes de certification de la qualité des filières de production zootechniques et agroalimentaires.

Écoles nationales vétérinaires : une voie d’accès post-bac en 2021
Le diplôme d’État de docteur vétérinaire (DEV) est obligatoire pour exercer le métier de vétérinaire. Il se prépare dans l’une des quatre écoles nationales vétérinaires (ENV) - l’École nationale vétérinaire, agroalimentaire et de l’alimentation de Nantes-Atlantique (Oniris), l’École nationale vétérinaire d’Alfort (EnvA), l’École nationale vétérinaire de Toulouse (EnvT), et l’Institut national d’enseignement supérieur et de recherche en alimentation, santé animale, sciences agronomiques et de l’environnement (VetAgro Sup) – auxquelles les étudiants peuvent accéder sur concours, organisé au niveau national. L’entrée en école vétérinaire peut se faire après une prépa, qui constitue à ce jour la voie d’accès majoritaire : prépa BCPST (biologie, chimie, physique, sciences de la terre) ou TB (technologie-biologie, concours A). L’accès est également possible après un bac + 2 ou plus : suite à une licence dans le domaine des sciences de la vie (concours B), en admissions parallèles après un DUT spécialité génie biologique ou biologie appliquée par exemple, ou à la suite de certains BTS/BTSA (concours C), d’un master 1 ou d’un diplôme d’État de docteur en médecine, en pharmacie, en odontologie (concours D) ou après une première année d’ENS (concours E).
À partir de la rentrée 2021, une nouvelle voie d’accès est mise en place directement après le bac, pour 160 bacheliers généraux de l’année, sélectionnés par le biais de Parcoursup et d’un concours dédié, dit « post-bac ». Les lycéens actuellement en classe de première seront les premiers concernés par cette nouvelle voie d’accès aux écoles vétérinaires.

Cinq ans de formation théorique et clinique
Les écoles nationales vétérinaires délivrent un diplôme à l’issue de cinq années de formation théorique et clinique. Ce dernier permet d’exercer en France et dans toute l’Union européenne, puisque les écoles vétérinaires françaises sont reconnues par l’Association européenne des établissements d’enseignement vétérinaire. Le cursus pour devenir vétérinaire comporte sept années d’études après le baccalauréat : deux ans avant le concours national d’entrée, quatre ans de formation initiale et un an d’approfondissement. À l’issue de cette dernière année, l’étudiant soutient une thèse de doctorat vétérinaire qui lui donne le titre de docteur vétérinaire.
Il a également la possibilité, après avoir validé les trois premières années de sa formation initiale, d’accéder à une deuxième année de master recherche et de préparer un doctorat d’université.


Formation : UN PROJET D’ÉCOLE VÉTÉRINAIRE À UNILASALLE

L’institut polytechnique UniLaSalle, dont le siège se situe à Beauvais (60), porte un projet d’école vétérinaire sur son site de Rouen (Seine-Maritime). « L’ouverture d’une cinquième école vétérinaire en France permettrait de répondre à de nombreux enjeux de la profession. Le projet s’appuie sur plusieurs ambitions majeures, notamment celle d’enrichir l’offre de formations vétérinaires et de contribuer à diminuer le déficit grandissant de vétérinaires en France », indique l’institut. Selon UniLaSalle, cette nouvelle formation vétérinaire permettrait d’enrichir et de diversifier l’offre de formations françaises grâce à son « système de recrutement différent » (savoir-faire en recrutement post-baccalauréat au niveau national) », une « organisation de formation originale » (recrutement post-bac avec des études en six années permettant une organisation cohérente de l’enseignement) » et une « exposition professionnelle intense » (34 semaines de stages et une activité hospitalière au sein du centre hospitalier vétérinaire de l’école). UniLaSalle prévoit un flux de 120 étudiants par an, soit un effectif de 730 étudiants sur les six années. Il vise l’ouverture de la formation en septembre 2022, sous réserve d’un « feu vert » de la part des autorités compétentes en 2020, ou en septembre 2023 si la décision intervient en 2021.

Marie-Anne Lefol, vétérinaire conseil filière ruminants, coopérative Terrena
« TRAVAILLER AU CONTACT DES ANIMAUX D’ÉLEVAGE »

« Très tôt dans mon cursus, je me suis tournée vers la médecine vétérinaire par goût pour le côté scientifique et multifacettes de cette profession, avec, d’emblée, une volonté d’orientation vers l’élevage et le monde agricole. Après la classe préparatoire, j’ai intégré l’École nationale vétérinaire de Nantes, un établissement qui a toujours été orienté vers les productions animales. J’ai ensuite fait un internat en médecine bovine afin de me spécialiser en médecine collective (dite « de troupeau »). À ma sortie d’études, j’ai effectué quelques remplacements en médecine libérale au sein de différentes cliniques vétérinaires françaises, avant de devenir salariée d’un cabinet de sept vétérinaires situé dans le nord des Deux-Sèvres. J’exerçais alors en tant que praticienne libérale. Mon quotidien était rythmé par les soins aux animaux d’élevage et aux carnivores domestiques. Les semaines et les week-ends d’astreinte, entre perfusions, vêlages, césariennes et médecine individuelle, la clinique me permettait déjà l’exercice des suivis réguliers de troupeaux de bovins. Depuis 2011, j’exerce au sein de la coopérative agricole Terrena en tant que vétérinaire conseil en ruminants (bovins, ovins, caprins). Mes missions sont variées et s’articulent autour d’une action majeure qui me passionne : le suivi de troupeaux dans la gestion des maladies collectives au sein d’élevages de ruminants. Je m’acquitte également de l’ensemble des visites réglementaires dans le cadre du programme sanitaire d’élevage (PSE) de la coopérative, du contrôle des conformités du cahier des charges de la coopérative, de l’appui en élevage des équipes techniques ruminants, de la formation continue des équipes de techniciens et des éleveurs et de missions de recherche et développement, notamment dans le domaine de la nutrition (accompagnement d’étudiants, tests terrain de nouvelles solutions…). Dans ce contexte d’exercice, j’apprécie tout particulièrement l’autonomie d’organisation et la collaboration quotidienne avec les différentes équipes techniques, le lien avec de nombreux métiers d’une coopérative intégrant tout un panel d’activités de la fourche à la fourchette. J’aime accompagner et former les éleveurs à la prévention des pathologies de groupe. Le travail en coopérative me permet également d’être partie prenante dans des projets structurants de la filière, notamment par la relation régulière avec les organismes de recherche et interprofessionnels agricoles pour l’étude (les programmes de prévention vaccinale et nutritionnelle, par exemple). Un objectif permanent m’anime, celui de trouver des solutions pérennes pour réduire les troubles de santé des ruminants ainsi que le recours aux antibiotiques, et contribuer ainsi à la performance technico-économique des élevages soucieux de fournir des produits de qualité aux consommateurs. »

Danielle BODIOU, Tribune Verte N°2963
Crédit photo : CHALABALA/ADOBE STOCK