Label Bienvenue en France : Bien accueillir les étudiants internationaux

Le label Bienvenue en France fixe un standard de qualité pour l’accueil des étudiants internationaux. AgroSup Dijon et UniLaSalle ont été labellisées cette année.

Le label « Bienvenue en France », lancé en 2019 par le ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, s’inscrit dans la stratégie nationale d’attractivité des étudiants internationaux. Il est délivré pour une durée de quatre années par Campus France aux établissements désireux de mettre en valeur leurs dispositifs d’accueil des étudiants internationaux. Il fixe un standard de qualité pour la politique d’accueil des étudiants étrangers dans les établissements d’enseignement supérieur français. Le label est accordé selon une vingtaine de critères portant sur la qualité et l’accessibilité de l’information et des dispositifs d’accueil (guichet d’accueil multiservice, livret d’accueil traduit a minima en anglais, dispositifs qui accélèrent leur intégration), sur les formations (disponibilité de formations en anglais, accompagnement, etc.) ou sur le logement et la qualité de la vie de campus.
À ce jour, 129 établissements sont labellisés « Bienvenue en France », dont plusieurs dizaines de structures de l’enseignement agricole. Parmi elles, les écoles d’ingénieurs UniLaSalle et AgroSup Dijon peuvent notamment être citées.
UniLaSalle, école d’ingénieurs en sciences de la Terre, du vivant, de l’environnement et du numérique, a été labellisée au printemps 2021. « Nous avons déposé un dossier en décembre 2020 et nous avons été labellisés au printemps. Ce label est un gage de qualité pour les étudiants étrangers pour l’accueil. Il confère une visibilité accrue à notre établissement sur le «marché» des établissements supérieurs en France. Le recrutement des étudiants internationaux est de plus en plus important et est devenu concurrentiel. Ce label atteste de la qualité de notre accueil. C’est un gage de confiance et un moyen de rassurer les étudiants étrangers sur la façon dont ils vont être accueillis, pouvoir s’intégrer à la vie du campus, au mode de vie français. En interne, cette labellisation est aussi un bon moyen pour motiver notre équipe et pour améliorer notre accompagnement des étudiants internationaux », explique Sébastian Rieder, directeur des relations internationales d’UniLaSalle.
L’an dernier (2020-2021), UniLaSalle a accueilli plus de 3 500 étudiants sur ses trois campus (Rennes, Rouen et Beauvais), dont 160 étudiants internationaux issus de 41 nationalités différentes. « Pour l’année prochaine, nous prévoyons 260 étudiants internationaux sur 4 000 étudiants », précise-t-il.

Accompagnement dans les démarches administratives

« En majorité, les étudiants internationaux viennent pour suivre des formations diplômantes : l’an dernier, sur 160 étudiants internationaux, 150 ont suivi une formation diplômante, dont une centaine en mobilité individuelle. La Covid-19 n’a pas eu d’impact sur les formations diplômantes, mais a cependant réduit les formations courtes. La formation qui attire le plus les internationaux est la formation Erasmus mundus, financée par la communauté européenne au travers de bourses, mais nous cherchons à les accueillir sur l’ensemble de nos formations », indique-t-il.
Pour les étudiants français, l’impact est indirect, mais également intéressant : « Avoir des étudiants étrangers au sein des promotions sensibilise à l’interculturalité, favorise les échanges et contribue à une autre dynamique de travail », estime Sébastian Rieder. Plusieurs dispositifs spécifiques pour l’accueil des étudiants étrangers, déjà en place, ont cependant été renforcés avec la labellisation. « Nous avions déjà des éléments de communication multilingue (site Internet et réseaux sociaux), un guichet multiservice d’accueil, et un système de parrainage entre étudiants étrangers et étudiants français. Nous avons mis en place un certain nombre de services pour faciliter leur arrivée : nous les aidons notamment dans les différentes démarches administratives, que ce soit pour trouver un logement avec le Crous, organiser les transports publics, faciliter les démarches auprès de la sécurité sociale, faciliter l’accès aux soins médicaux, ou pour l’ouverture d’un compte en banque. Nous organisons également des évènements pour les intégrer, comme une visite de la ville, une journée d’intégration, etc. »
AgroSup Dijon a également obtenu le label Bienvenue en France en début d’année 2021. L’école d’ingénieurs bourguignonne accueille chaque année deux promotions de 200 étudiants pour chacune de ces deux spécialités : agronomie et agroalimentaire. Chaque promotion compte une vingtaine d’étudiants internationaux. « Pour nos formations diplômantes d’ingénieur en agronomie et agroalimentaire, nous disposons d’un concours spécifique pour les étudiants étrangers. Nous proposons 20 places chaque année. Ce sont généralement des étudiants de pays francophones, venant d’Afrique, du Liban, etc., car nos formations sont en français. Nous accueillons également plus ponctuellement des étudiants en programme d’échanges, comme Erasmus, c’est-à-dire hors formation diplômante, pour un à deux semestres. Nous avons, par exemple, actuellement sur notre campus 7 étudiants brésiliens, un Ukrainien et un Thaïlandais en programme d’échanges », explique Hélène Coché, directrice des relations internationales d’AgroSup Dijon. La réflexion concernant le label Bienvenue en France a débuté dès la sortie du label au sein d’AgroSup Dijon, mais aussi de Montpellier SupAgro et Agrocampus ouest, avec lesquels une fusion au sein de l’Institut Agro est actée pour janvier.

Une semaine d’intégration

« Se positionner sur l’obtention du label nous a permis de structurer ce que nous faisions déjà, estime-t-elle. C’est en quelque sorte comparable à une démarche qualité : on écrit ce que l’on fait et on met en évidence les points à améliorer. Cela donne une lisibilité en interne, et c’est motivant pour les équipes. »
L’accueil des étudiants étrangers est en effet un travail d’équipe : il concerne bien entendu les relations internationales, mais aussi les services de la scolarité, les services administratifs, etc.
« Cela n’a fondamentalement pas changé ce que nous faisions déjà. L’accompagnement était déjà en place à travers des actions très concrètes : aller les chercher à la gare, les aider dans les démarches administratives, etc. Depuis quelques années déjà, nous proposons une semaine d’intégration, avec des activités socioculturelles, la rencontre des différents clubs étudiants, etc. Nous avons également chaque année une journée «internationale » en octobre.
Comme nous accueillons relativement peu d’étudiants internationaux, nous pouvons leur prodiguer un accompagnement individualisé. Les «manques» mis en évidence par la démarche du label concernent surtout, chez nous, le fait que nous proposons encore peu de formations en anglais, par exemple, ce qui freine sans doute l’accueil d’étudiants étrangers en programme d’échanges sur des formations courtes », analyse-t-elle.
Il est encore trop tôt pour savoir si ce label apporte un plus en ce qui concerne la visibilité des établissements au niveau international. « Chaque année, à la fin de leur formation chez nous, nous interrogeons nos étudiants étrangers pour connaître leur ressenti. Ce sera désormais l’une de nos questions », conclut-elle.

Emmanuelle Thomas, Tribune Vert n° 2976