Insertion : les instituts et les jeunes diplômés s’adaptent

Contrairement à d’autres secteurs, les jeunes issus des formations agricoles et agroalimentaires n’ont pas été très impactés par la crise. Témoignages de trois instituts.

Les jeunes diplômés de 2020 ont-ils trouvé plus difficilement un emploi en pleine crise de la Covid-19 ? Pour la plupart des écoles spécialisées en agriculture et en agroalimentaire, il est encore trop tôt pour le dire. Néanmoins, selon trois instituts de formation interrogés, il semblerait que l’impact soit amoindri par rapport à d‘autres secteurs. Par exemple, Welcome to the Jungle, média spécialisé dans l’emploi, rapportait sur son site, le 3 septembre dernier, les difficultés des jeunes diplômés en droit et en psychologie ainsi que leur crainte de ne pas trouver d’emploi.

L’alternance, un véritable atout
Au sein d’Isema, l’école supérieure de commerce des entrepreneurs de la naturalité (des secteurs alimentaires et du vivant), 90 % des étudiants suivent leur formation en alternance. En fin de première année, ils peuvent obtenir le titre de bachelor chef de projet commercial, ou, en troisième année, soit cinq après leur Bac, un titre de responsable d’affaires. Le taux de placement est très élevé, de l’ordre de 97 à 98 % en moyenne chaque année. « Ceux qui ont fait le choix de la formation par alternance durant deux ans ont préféré rester dans leur entreprise d’accueil cette année, spécifie Corinne Pierre, chargée de communication à l’Isema. Normalement, ces étudiants sont plus tentés de changer d’entreprise, mais beaucoup d’entre eux ont eu des propositions pour rester à leur poste. C’est l’atout de l’alternance ! Concernant l’impact de cette crise sanitaire sur la filière, nous en saurons plus une fois que notre enquête sur l’employabilité de la promo sortante sera effectuée, en avril 2021, soit six mois après leur sortie. » La tendance est sensiblement la même au lycée agricole du Fresnes, situé à Angers. Charlotte Audoin, chargée de communication, constate : « Nous ne notons aucune conséquence négative de la crise sanitaire sur l’insertion des apprenants sortants en BTSA aménagements paysagers et en licence pro. La plupart des étudiants sont en poste ou vont être embauchés prochainement. » Pour les nouveaux entrants alternants, la dynamique devrait être similaire : « La crise sanitaire n’a pas impacté le nombre de contrats conclus, au contraire. Cependant, les délais de prise de décision pour les signatures de contrats ont été allongés », ajoute Charlotte Audoin. En revanche, la crise a perturbé la sortie des diplômés d’AgroSup Dijon. Cette école forme des ingénieurs en agroalimentaire et en agronomie. Chaque année, 25 % des étudiants, élèves-fonctionnaires agronomes, sont affectés à l’issue de leur formation au sein du ministère de l’Agriculture. « Cette année a vraiment été compliquée, note Sabine Petit, directrice adjointe de l’enseignement et de la vie étudiante, en charge du pôle stage et insertion professionnelle, cellule emploi. Certains stages de fin d’études, dont le début était prévu au début du confinement, ont été reportés, voire annulés. Nous avons donc choisi de décaler d’autant les fins de cursus. Ces derniers devraient se terminer à la fin du mois de décembre. » Ainsi, des tendances se dégagent. Elles seront confirmées – ou non – en milieu d’année prochaine.

Marie-Dominique Guihard (Tribune Verte N°2950)
Crédit photo : ROBERT KNESCHKE/ADOBE STOCK