François Vidal, métier d’expert foncier agricole et immobilier

Après avoir suivi plusieurs formations, François Vidal a décidé de s’orienter vers le métier d’expert foncier agricole et immobilier près de Bordeaux. Sa situation géographique lui permet de mettre à profit son expérience dans le domaine du vin.

Quel est votre parcours universitaire et professionnel ?
François Vidal : J’ai suivi une licence de sciences de la vigne à Dijon, avant mes études d’œnologie à Montpellier puis, bien plus tard, un master 2 Administration des entreprises en alternance à Montpellier. J’ai travaillé dix ans en tant qu’œnologue avant d’enseigner le management d’entreprises agricoles en école d’ingénieurs agro à Bordeaux, puis de devenir consultant d’entreprises pour CerFrance Gironde, à 95 % auprès de vignerons. Enfin, je me suis tourné vers l’expertise foncière agricole et immobilière.
Pourquoi avoir choisi cette profession ?
F. V. : Au bout de cinq ans au sein de CerFrance 33, je me suis dit : « Les 45 ans arrivent », c’est un peu la charnière pour obtenir des postes durables et terminer une carrière. J’ai cherché ailleurs et, en mars 2019, une connaissance m’a présenté ce métier d’expert foncier agricole et immobilier. En septembre, je m’associais avec lui.
À quoi une journée type ressemble-t-elle ?
F. V. : C’est en moyenne un jour et demi sur le terrain chaque semaine. Il y a aussi un travail de recherches. J’analyse le vignoble au bureau d’abord, puis je l’expertise en passant sur toutes les parcelles, en observant l’état sanitaire, en reprenant des mesures par exemple, pour vérifier les écartements, comme un agent immobilier. Après, c’est de la rédaction d’un rapport de 20 à 40 pages avec un descriptif de la situation géographique, cadastrale, de l’ensemble des biens bâtis… Pour toutes les vignes, il faut voir leur âge, les cépages, les densités, les types de sols… Cela permet de comparer ce bien avec ce qui a déjà pu être vendu localement, dans la même appellation, dans le même type de propriétés, avec la même renommée et les mêmes prix de vins. La profession d’expert foncier agricole et immobilier est réglementée, notre rapport peut donc être présenté aux tribunaux ou au fisc quand il y a, par exemple, des problèmes de déclaration de valeurs.
Quel est, selon vous, l’attrait principal de ce métier, notamment dans votre région ?
F. V. :
L’aspect relationnel avec nos clients, nos prescripteurs, nos confrères me semble essentiel et aussi avec les responsables techniques pour la partie agricole. Il faut également faire de nombreuses recherches, être méticuleux, très précis : vérifier les zones d’AOC, l’urbanisme, les décrets sur l’appellation… Parfois les densités ne sont pas aux normes. Situé en Gironde, j’expertise plus de 80 % de domaines viticoles. Après il y a d’autres types d’exploitation et de l’immobilier.
Quels conseils prodigueriez-vous aux jeunes qui souhaiteraient suivre cette filière ?
F. V. :
Il faut se lancer, car c’est très intéressant. Être passé par plusieurs métiers du secteur agricole apporte de la richesse dans l’exercice d’expertise. Certains experts fonciers ont une double activité : agriculteur et expert foncier en parallèle. Ils connaissent bien sûr leur secteur, cela leur permet aussi de sortir de leur propriété et d’avoir un autre regard sur leur exploitation. En revanche, il faut préciser que la reconnaissance dans ce métier est longue et exigeante : afin d’obtenir le titre réglementé d’expert foncier agricole et immobilier, une formation, selon le niveau de diplôme, d’un minimum de trois années auprès d’un expert foncier est nécessaire en complément d’une formation continue dispensée tout au long de ce stage.

Tribune Verte n° 2991, Pierre Moyon