Enseignement agricole de la région Grand Est

Avec 8600 élèves et plus de 3000 apprentis au sein d’une quarantaine d’établissements pour cette rentrée scolaire, l’enseignement agricole de la région Grand Est maintient son dynamisme. Les métiers autour de l’environnement et des animaux attirent, et l’agroécologie est au coeur même du dispositif pédagogique.

Cette rentrée scolaire 2021, 8600 élèves ont rejoint les établissements de l'enseignement agricole en région Grand Est, chiffre Laurent Béjot, chef de service au Service régional de la formation et du développement (SFRD) à la Draaf Grand Est. Environ 60% de cet effectif étudie dans des établissements publics, alors que les 40% en enseignement privé se répartissent entre Maisons familiales et rurales (MFR), à hauteur de 20%, Cneap, 10%, et Unrep, 10%.Une particularité de la région Grand Est est d’avoir une plus forte représentativité de ses effectifs scolaires dans le public, autour de 60%, contre 40% au niveau national. Depuis deux ans, les effectifs globaux sont en légère hausse dans l'enseignement agricole, en particulier au sein des MFR, avec 100 élèves supplémentaires pour cette rentrée.
Dynamisme de l’apprentissage
Mais c’est surtout la voie de l'apprentissage qui montre le plus grand dynamisme. «Le regard change autour de ces formations par alternance, et de plus en plus de jeunes souhaitent recourir à l'apprentissage lors de leur cursus, pour terminer leurs études ou dès l’amont», poursuit le responsable du SFRD. En moyenne, autour de 3000 jeunes choisissent la voie de l'apprentissage agricole en Grand Est.«La différence avec l’Éducation nationale, c’est la part relative plus importante de l’apprentissage en enseignement agricole», note-t-il. Autre particularité de l'enseignement agricole: un taux d’internes élevé, avec deux tiers des jeunes restant du lundi au vendredi au sein des établissements. «Cela s’explique notamment par des for-mations plutôt pointues, qui recrutent donc parfois loin, et obligent à proposer un modèle éducatif tout au long de la semaine.»Avec une quarantaine d’établissements sur la région, l’enseignement agricole dispose d’un maillage territorial adapté et d’une offre de formation variée et complète: 4e et 3e, CAP, baccalauréats professionnels, tech-nologiques ou généraux, ou encore BTS et licences professionnelles permettant l’accès aux diplômes de l’enseignement supérieur long, comme les masters, les diplômes d’in-génieur ou de vétérinaires. «Nos établisse-ments d’enseignement sont rattachés au mi-nistère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt. À ce titre, ils construisent de nombreux partenariats et échanges, no-tamment avec l’Engees de Strasbourg (École nationale du génie de l’eau et de l’environ-nement de Strasbourg), l’Ensaia de Nancy (École nationale supérieure d’agronomie et des industries alimentaires), l’univer-sité de Reims, ou encore AgroSup à Dijon. De nombreuses passerelles sont proposées à partir de nos BTS, voire licences profes-sionnelles», détaille Laurent Béjot.
Attrait pour l’environnement et les animaux
Grandes cultures, élevage, forêt, viticul-ture, paysage, agroalimentaire, service à la personne... Tous les secteurs ou presque sont représentés dans les cursus. Ces der-nières années, ce sont les métiers autour de l’environnement, de la gestion de la nature et des paysages, ou encore en relation avec des animaux (chiens, chats, équins...), qui montrent le plus d’attrait pour les jeunes. Pour le secteur professionnel public, les cursus préparent à 30% à des métiers liés à la production agricole, 18% à l’amé-nagement paysager, 10% aux services à la personne dans les territoires, et 30% à la poursuite des études dans des filières gé-nérales et technologiques.Un point marquant de ces dernières an-nées: la place centrale de l’agroécologie, au cœur de l’enseignement professionnel agricole. «Nous ne vendons pas un modèle d’agriculture, mais accompagnons les contenus et leur diffusion en adéquation avec le programme national intitulé " Enseigner à produire autrement ", insiste le responsable du SFRD. Nous préparons les jeunes à répondre aux diverses évolutions de la société. L’enseignement socioculturel au sein de nos établissements est central pour sensibiliser les jeunes à la culture et les préparer à la communication, avec un travail autour du questionnement, car l'enseignement agricole devra plus que jamais apporter des réponses face aux enjeux du climat, de l’alimentation ou de la transition agroécologique», termine Laurent Béjot.

Olivier Lévêque, Tribune Verte n° 2974