Développer les taux d’accès à la formation

En matière de formation professionnelle, Ocapiat est l’interlocuteur privilégié des entreprises évoluant dans les secteurs de l’agriculture et de l’agroalimentaire. L’opérateur de compétences dédie des fonds spécifiques aux petites PME de moins de 50 salariés.

Interview de Dominique Braoudé et Jonathan Emsellem, président et directeur général d’Ocapiat

Ocapiat, l’opérateur de compétences (Opco) pour la coopération agricole, l’agriculture, la pêche, l’industrie agroalimentaire et les territoires, a pour rôle de développer les compétences au sein de son périmètre. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Jonathan Emsellem
: Avec la loi de 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel, notre Opco s’est substitué aux anciens Opca : le Fafsea (agriculture) et Opcalim (agroalimentaire, coopération agricole). Aujourd’hui, Ocapiat recouvre 50 branches professionnelles de la coopération agricole, l’agriculture, la pêche maritime et les cultures marines, la transformation alimentaire et les territoires. Notre principale mission consiste à accompagner d’une part les branches dans la promotion des métiers, le développement de l’alternance et des qualifications avec les CQP (certificat de qualification professionnelle), et d’autre part les entreprises adhérentes pour développer les compétences de leurs salariés à travers le conseil, l’accompagnement et des financements. Des fonds spécifiques sont attribués aux entreprises de moins de 50 salariés, afin d’accélérer le taux d’accès à la formation de ces derniers. Le développement des compétences des salariés passe par des dispositifs spécifiques, dont des formations courtes recensées dans le catalogue de formations de l’offre régionale. L’Opco achète les projets de formation sur la base de la remontée des besoins des entreprises. Les formations sont transversales ou spécifiques à des métiers. Caces® (permis cariste), taille des vignes, sécurité, pêche… le panel est large !

Pourquoi axer le développement du taux d’accès à la formation sur les petites PME ? En effet, si seulement 2 % d’entreprises qui adhèrent à Ocapiat emploient 50 salariés et plus, elles représentent tout de même 54 % des effectifs.
Dominique Braoudé
: Ocapiat a engagé un plan de développement des compétences (PDC) en faveur des entreprises de moins de 50 salariés, étant donné que nos moyens supplémentaires sont limités. Aujourd’hui, le principal obstacle à la formation dans ces entreprises réside dans leur capacité à organiser le départ en formation des personnes et donc à les remplacer. Grâce à ce PDC, nous avons pu faire partir des salariés en formation sans que cela ne cause de préjudice pour l’entreprise. Dans le cadre de la mise en œuvre de la nouvelle réforme, nous pouvons toutefois progresser dans l’aménagement des textes pour toucher plus d’entreprises. Dans l’idéal, il faudrait qu’il y ait un élargissement du PDC aux entreprises de moins de 300 salariés.

Ocapiat n’est pas toujours aux manettes des dispositifs en lien avec la formation professionnelle. Quels sont-ils ?
J. E.
: Avec la réforme de la formation professionnelle, le compte personnel de formation (CPF) a été transféré des anciens Opca vers la Caisse des dépôts. Pour autant, nous ne sommes pas dépourvus d’actions. Si le salarié veut mobiliser son CPF, mais voit que ses droits ne sont pas suffisants (pour certaines formations et selon son secteur et la taille de son entreprise), il a la possibilité de faire financer tout ou partie du reste à charge par Ocapiat. Un premier type d’abondement est destiné à l’ensemble de nos entreprises de moins de 50 salariés. Un second type concerne uniquement les salariés de toutes les entreprises cotisant au fonds conventionnel interbranches du secteur alimentaire. Ocapiat soutient aussi le dispositif Projet de transition professionnelle, géré par les associations régionales Transitions Pro, dont l’objectif est d’accompagner les projets de reconversion. Nous accompagnons également les pouvoirs publics dans le déploiement de dispositifs comme les POEC (préparation opérationnelle à l’emploi collective) et dans la mise en œuvre du dispositif FNE-Formation proposé aux entreprises impactées par la crise sanitaire.

Parmi les nombreux dispositifs proposés par Ocapiat aux entreprises, comment s’y retrouver ?
J. E.
: Nous recommandons aux entreprises de passer par notre réseau de proximité, les conseillers des directions régionales. Nous sommes présents sur l’ensemble du territoire, en métropole et en outre-mer. Des équipes de conseillers accompagnent les entreprises sur le terrain. Elles font de l’ingénierie opérationnelle en partant de leurs besoins et en utilisant la boîte à outils d’Ocapiat. Sur des problématiques particulières nécessitant plusieurs jours d’accompagnement, des prestataires ayant répondu à des appels d’offres (NDLR : comme l’Apecita) prennent le relais. C’est notamment le cas avec le service Diagnostic RH.

Pour terminer, pouvez-vous nous présenter les actualités d’Ocapiat ?
J. E.
: Il y a quelques jours, nous avons lancé une application mobile pour faciliter la gestion et le suivi des demandes de dossiers. « MyOcapiat » est disponible sur Google Play et l’App Store. En plus de travailler à l’orientation clé du conseil d’administration de notre Opco pour développer le taux d’accès à la formation, nous souhaitons avancer sur la simplification administrative et allons vers la dématérialisation. En début d’année, nous avons ainsi créé notre première plateforme de gestion dématérialisée (monespace.ocapiat.fr), qui réunit nos trois plateformes extranet existantes en un seul et unique portail. Nous avions également mis à profit l’année 2021 pour développer Geocapiat (www.ocapiat.fr/geocapiat) qui guide les entreprises vers les services les plus adaptés, à travers une courte série de questions filtres, et géolocalise les formations les plus proches des adhérents.

Caroline Even, Tribune Verte n° 2984

Web : Les sites d’Ocapiat à découvrir

  • www.ocapiat.fr : pour tout savoir sur Ocapiat, offre de services aux entreprises, catalogue de formations régionales, plateforme de l’alternance…
  • cqp.ocapiat.fr : pour chercher les CQP proposés dans l’agriculture, l’agroalimentaire et la pêche.
  • monespace.ocapiat.fr : pour gérer et suivre ses dossiers.
  • campnum.com : pour suivre des contenus pédagogiques. Camp’Num est une plateforme de formation collaborative en libre accès (après création d’un compte).
  • www.maturrh.org : pour réaliser un autodiagnostic RH en 10 minutes (libre accès).

Chiffres clés : Ocapiat

  • Créé en avril 2019
  • 50 branches professionnelles
  • 189 000 entreprises adhérentes
  • 98 % d’entreprises de moins de 50 salariés
  • 93 % d’entreprises de moins de 11 salariés
  • 2 % d’entreprises de 50 salariés et plus
  • 1,3 million de salariés accompagnés
  • 1,1 milliard d’euros de fonds gérés en 2021
  • 100 000 contrats d’apprentissage financés depuis 2018
  • 2 137 actions de formation proposées dans le catalogue de formations régionales en 2021

Entreprises : Dispositifs et services proposés par Ocapiat

  • Diagnostic RH
  • Transfert des savoirs et savoir-faire (TSF)
  • Prévention des risques professionnels (PRP)
  • Action de formation en situation de travail (Afest Time)
  • Certificat de qualification professionnelle (CQP)
  • Validation des acquis de l’expérience (VAE)
  • Formation en alternance (apprentissage ou professionnalisation)
  • Services spécifiques