CFPPA de Bourges

Avec une trentaine d’usines de méthanisation dans la région Centre, et une dizaine en cours de construction, il semblait pertinent pour le CFPPA de Bourges d’ouvrir une formation dédiée à ce type d’activité. Soutenu par la Région Centre, un CS « RUMA » va ouvrir ses portes à l’automne, le premier dans le secteur.

Depuis 2 ans, le ministère de l’Agriculture a mis au point un référentiel pour les écoles souhaitant ouvrir une nouvelle formation, dédiée à 100 % à la méthanisation. « Dans nos régions où la polyculture-élevage est bien présente, la méthanisation montre bien son intérêt, témoigne Bernard Delavy, directeur du CFPPA de Bourges. C’est pourquoi nous travaillons depuis 2 ans avec la Région pour ouvrir une formation spécifique, à savoir un CS responsable d’unité de méthanisation agricole. Il ouvrira ses portes en décembre, et nous avons pour objectif d’avoir une dizaine d’étudiants pour cette première promotion. À noter que cette formation est ouverte également en apprentissage par le biais du CFA du Cher qui sera inclus dans le même cursus. »

Une prépa de 2 mois disponible
Ce certificat de spécialisation est accessible pour tous les possesseurs d’un Bac professionnel agricole au minimum, même si des dérogations seront disponibles au cas par cas. « Nous attendons deux types de profils, confirme Bernard Delavy. Dans un premier temps, nous allons bien entendu avoir des étudiants qui souhaitent se spécialiser dans cette branche, pour trouver un travail ensuite dans une usine de méthanisation. Mais en discutant avec des responsables d’établissements de régions voisines qui ont déjà ouvert ce CS l’an dernier, il est apparu que certains jeunes agriculteurs sont également présents en formation. Avant d’investir dans la méthanisation, ou pendant la construction de leurs projets, ils veulent acquérir un maximum de connaissances dans le domaine. Ce sont donc deux publics complémentaires qui seront présents en formation. » Dès le mois de septembre, une classe préparatoire ouvrira pour les stagiaires qui voudront renforcer leurs bases avant le début du CS. « Cette formation sera composée de 300 heures en centre, et de 175 heures en entreprise, précise le directeur. De même, le CS qui ouvrira ses portes en décembre donnera la priorité au stage, puisque les étudiants seront 400 heures en centre, et 385 heures en stage ou en apprentissage en entreprise. L’idée est vraiment de mettre en place des actions de formations où les stagiaires seront au maximum en situation de travail. Pour acquérir les bons gestes professionnels, il est nécessaire d’être au maximum sur le terrain, pour rencontrer un maximum de situations différentes. Nous laissons également la possibilité aux étudiants d’aller en stage dans différentes structures au cours de la formation, afin de travailler dans différents types d’unités de méthanisation, et de rencontrer un maximum de situations différentes. »

Trois axes de formation
Pour valider ce CS, les étudiants devront valider trois blocs, dit UC. « Le premier bloc, UC1, concerne la gestion des flux d’entrée et de sortie, détaille Bernard Delavy. Même si la ration du digesteur peut être confiée à un nutritionniste par la suite, il est important que les étudiants puissent connaître les matières premières qui vont alimenter le digesteur, mais également qu’ils sachent valoriser le digestat en sortie. » De son côté, l’UC2 validera le fait que l’étudiant puisse assurer le fonctionnement du digesteur méthaniseur. « Ce bloc vise à assurer la surveillance de l’unité de méthanisation, mais également à réaliser la maintenance des installations », explique le directeur du CFPPA. Enfin, le dernier bloc UC3 concerne le pilotage de l’unité de méthanisation. « Ce bloc vise à assurer la gestion prévisionnelle des stocks de biomasse, mais également à organiser les opérations liées au fonctionnement de l’unité de méthanisation », précise Bernard Delavy.

Simon BILLAUD, Tribune Verte N°2960
Crédit photo : BERNARD DELAVY