Bilan de compétences

L’Apecita propose la réalisation d’un bilan de compétences. Il s’effectue avec un accompagnateur et se déroule sur plusieurs mois. Le but : prendre un temps de réflexion pour mûrir ses attentes et bien comprendre ses envies.

Depuis 2009, un bilan de compétences peut être effectué à l’Apecita. Quel est son but et à qui s’adresse-t-il ? « Un bilan de compétences sert à faire un temps d’arrêt dans son quotidien pour voir ce que l’on souhaite faire dans sa vie professionnelle. C’est un droit des salariés et des non-salariés (comme les exploitants agricoles). Depuis 2018, il n’y a plus de limite entre deux bilans pour pouvoir en bénéficier », précise Olivier Gloker, conseiller bilans de compétences à l’Apecita.

Un accompagnement dans la durée
Le bilan de compétences concerne généralement des salariés en poste depuis cinq ou dix ans, qui estiment qu’ils plafonnent ou « ronronnent » dans leur vie professionnelle. « Ce n’est pas nécessairement parce qu’ils souhaitent quitter leur entreprise, comme le croient souvent à tort les dirigeants. Quand un salarié veut faire un bilan de compétences, c’est au contraire plutôt pour trouver des rai- sons de rester », précise le conseiller, se basant sur son expérience – il a accompagné plus de 140 personnes dans cette expérience. Un bilan de compétences s’effectue avec un « accompagnateur », qui n’est pas là pour vous dire ce que vous devez faire, mais pour vous donner les outils afin de prendre vos décisions, vous expliquer la signification des résultats des tests, etc. C’est avant tout de la relation humaine. Il est essentiel que les deux partenaires se « choisissent », raison pour laquelle il y a un entretien préalable avant la mise en œuvre du bilan de compétences. Sa durée dépend du financement. Lorsque ce dernier est fait par l’entreprise, la durée est généralement de 24 heures, le maximum légal. Concrètement, le bilan de compétences se décompose en plusieurs rendez-vous sur une période de plusieurs mois : huit rendez-vous de trois heures, effectués sur le temps de travail ou en dehors selon les modalités de financement. C’est un accompagnement dans la durée. Il peut s’écouler entre deux et quatre mois entre le premier et le dernier entretien, car le but est bien là : prendre un vrai temps de réflexion, une pause pour mûrir ses attentes et bien comprendre ses envies. « Le but, c’est le chemin, sourit Olivier Gloker, quand on entre dans un bilan de compétences, il faut être ou- vert à tout. Le résultat peut être une réorientation totale, mais aussi de rester où on est. » Réaliser un bilan de compétences ne consiste pas seulement à faire des entre- tiens, mais aussi de faire des devoirs, des exercices.
« Les tests sont souvent effectués en séance, mais il y a des exercices à faire chez soi, comme l’inventaire des centres d’intérêt, l’histoire de vie… Car c’est un plus de pouvoir faire intervenir le regard d’amis ou de la fa- mille », indique-t-il. À noter, le délai entre la demande et la réalisation est très court (huit jours). Pour plus de proximité, chaque délégation Apecita compte désormais au moins une personne habilitée à effectuer les bilans de compétences, activité pour laquelle elle devrait être certifiée Qualiopi dès 2022.

Emmanuelle THOMAS, Tribune Verte 2958

Cécile B. « UN VRAI TRAVAIL SUR SOI »
« J’ai effectué un bilan de compétences avec un conseiller de l’Apecita. Il s’est déroulé de mai à août 2020 avec une dizaine de séances de 2,5 heures sur mon temps personnel. Il a été financé grâce à mon compte personnel de formation. Je l’ai fait à 29 ans, à la suite de mon congé maternité, parce qu’à mon retour au travail dans le secteur bancaire, je me suis posé pas mal de questions. Mon but était de faire le point sur mes compétences, voir ce que je pouvais faire d’autre que mon poste actuel, en interne comme en externe. Le bilan de compétences fournit des outils, des tests, des exercices à faire, et le conseiller est là pour expliquer les résultats. C’est un vrai travail sur soi qui m’a permis de réfléchir à ce qui m’attire vraiment, comme aider les gens, et de prendre conscience que le métier de commercial n’était pas fait pour moi. J’ai aussi vu comment je pouvais concilier mes aspirations avec mon diplôme d’ingénieur agronome. Il a permis de dégager des pistes d’évolution à court terme, à travers une réorientation en interne vers un poste axé sur la gestion de projets, mais aussi, à moyen terme, d’envisager une reconversion vers le social ou le paramédical. »

 

Quel financement ?

Plusieurs modes de financement sont pos- sibles pour les salariés souhaitant réaliser un bilan de compétences.

  • Par le biais de leur entreprise (ex-plan de formation).
  • Avec leur compte personnel de formation (CPF), soit sur leur temps de travail soit sur leur temps personnel.
  • Il est possible de financer soi-même son bilan de compétences et de garder ainsi son CPF intact pour réaliser la formation qui émergera du bilan de compétences.