Vos référents Métiers de la recherche
Sylvie MELONI : smeloni@apecita.com
Cécile MILLET : cmillet@apecita.com

Des opportunités du CAP/BEP au doctorat

Que ce soit en recherche fondamentale ou appliquée ou dans le domaine du développement expérimental, les chercheurs sont loin d’être les seuls à évoluer dans ce secteur. Cécile Millet et Sylvie Meloni, référentes Apecita, nous apportent leur éclairage sur le marché de l’emploi dans le monde de la recherche.

Quand on pense aux métiers de la recherche, on pense forcément aux chercheurs. Mais ils ne sont pas les seuls…
Cécile Millet : En effet, les chercheurs n’iraient pas loin sans tout un appui technique et administratif ! Il ne faut donc pas oublier l’ingénieur de recherche, le technicien de recherche ou d’expérimentation, l’assistant ingénieur, etc. ainsi que les postes plus en lien avec les missions de production. Si on prend l’exemple d’un institut technique comme le CTIFL (Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes), on trouvera des postes en production qui semblent proches de ceux qu’on pourrait trouver dans une exploitation agricole. En revanche, on demandera sûrement au candidat d’être plus méticuleux puisqu’il devra respecter les protocoles mis en place par les chercheurs. Au final, le monde de la recherche au sens large offre des opportunités du CAP/BEP au doctorat. À l’Apecita, nous relayons de nombreuses offres de techniciens d’expérimentation qui sont le plus souvent des CDD de 2 à 6 mois, mais aussi des offres d’ingénieur dans le secteur de la recherche et du développement.

Quelles sont les structures qui proposent des emplois dans le domaine de la recherche ?
C. M. : Il y a bien évidemment tous les centres de recherche publique, comme les établissements publics à caractère scientifique et technologique (Inra, IRD, Irstea…) ou encore les établissements publics à caractère industriel et commercial comme l’Ademe, le Cirad ou l’Ifremer. Dans le domaine agricole, on peut également citer les instituts techniques agricoles qui sont spécialisés par filières de production (céréales, bovins, fruits et légumes, vigne et vin, pomme de terre, lin, plantes aromatiques, médicinales et à parfum…). Rassemblées au sein de l’Acta (Association de coordination technique agricole), ces structures sont, entre autres, des organismes de recherche appliquée, d’appui technique, d’expérimentation, d’expertise. Elles ont notamment pour mission de répondre aux besoins des filières par la production et la diffusion de références techniques et scientifiques et d’outils.
Sylvie Meloni : Il ne faut également pas oublier qu’une grande partie de la recherche publique en France est réalisée au sein des laboratoires des établissements d’enseignement supérieur que sont les universités, les écoles d’ingénieurs ou encore les instituts nationaux polytechniques. Enfin, certaines entreprises privées ont également leur propre service de recherche et de développement. Dans nos filières, c’est notamment le cas dans les grandes entreprises agroalimentaires.

Pour accéder à un poste de chercheur, y a-t-il un cursus conseillé ?
S. M. : Pour des postes à responsabilité dans le secteur de la recherche et le développement, comme en agroalimentaire, un diplôme d’ingénieur peut parfois être suffisant. Mais dans les organismes publics, les postes de chercheur ne s’adressent qu’aux titulaires d’un doctorat. Pour pouvoir faire une thèse, il faut généralement avoir un master orienté recherche (bac + 5) quand on est passé par la voie universitaire. Mais les ingénieurs peuvent également poursuivre par une thèse sous plusieurs conditions : ils doivent non seulement avoir obtenu un crédit ECTS suffisant pour l’inscription à l’école doctorale, mais surtout justifier d’un parcours de formation tourné vers le monde de la recherche.
Le choix des stages durant la formation d’ingénieur est donc très important.
C. M. : En revanche, il convient de préciser que le seul doctorat ne suffit souvent plus pour accéder à un poste de chercheur. Il est aujourd’hui fortement conseillé de poursuivre par un post-doc en France, mais pourquoi pas à l’étranger. Cela peut déboucher sur de nouvelles opportunités, d’autant que notre formation doctorale est très appréciée à l’étranger.

Comment trouver une structure pour réaliser sa thèse, et comment peut-on financer ces trois années d’études ?
S. M. : Les étudiants qui n’ont pas de sujet de recherche défini peuvent consulter les offres de thèses diffusées par les laboratoires, les instituts de recherche… Ceux qui ont une idée plus précise peuvent quant à eux « démarcher » les structures qui seraient à même d’être intéressées par le sujet. Mais dans ce cas, il faut anticiper au maximum car il faut penser que le montage financier pour le laboratoire de recherche peut prendre du temps. Concernant le financement, il existe des bourses de thèse, mais on peut également citer le dispositif Cifre qui subventionne les entreprises qui embauchent un doctorant pour le placer au cœur d’une collaboration de recherche avec un laboratoire public. Dans tous les cas, il ne faut pas oublier qu’on s’engage pour trois ans d’études, et je déconseillerais aux candidats de se lancer dans un tel projet s’ils ne disposent pas de financement.

Propos recueillis par Aude Bressolier (Tribune Verte, 2016)