Vos référents Métiers de la gestion et de la finance
Thierry COMBET : tcombet@apecita.com
Géraldine LEBRETON : glebreton@apecita.com

La mobilité : facteur essentiel de réussite dans le secteur bancaire

Dans le cadre des nouveaux services qu’elle développe, l’Apecita a mis en place un réseau de référents, parmi ses conseillers, dont le but est d’apporter aux candidats une vision sur l’état du marché, les débouchés et les problématiques de chaque filière.

Quels sont les principaux débouchés qu’offre la filière bancaire ?
Thierry Combet : Il existe de nombreux métiers(1) dans la filière, dont les dénominations peuvent être un peu différentes selon l’entreprise même si les missions restent identiques. En ce qui concerne l’Apecita et le champ de l’agriculture, les postes les plus fréquemment diffusés sont ceux de conseiller clientèle marché agricole et de chargé d’affaires agriculture. Plus rarement, des postes concernant des profils plus expérimentés d’analyste financier ou de responsable marché peuvent aussi être proposés à des candidatures externes.

Ces différents métiers sont-ils accessibles à tous les niveaux de formation ?
T. C. : Contrairement aux idées reçues, les banques n’embauchent pas exclusivement des bac + 5 type ingénieur agriagro, même si objectivement ce type de profil reste une cible prioritaire. Certaines d’entre elles n’hésitent d’ailleurs pas à « recruter » dès le cursus de formation, en proposant des stages de fin d’études pérennisés et des cursus en alternance. On peut ainsi citer en exemple le partenariat existant entre l’EI Purpan et le Crédit agricole par exemple. Notons que l’ouverture à d’autres parcours est d’autant plus importante qu’un vaste choix de formations spécialisées(2) peut ensuite être proposé aux personnes sélectionnées. Signalons par ailleurs que sur des zones rurales plutôt excentrées, où les vocations se font rares, les banques vont plus facilement s’accommoder de profils ayant une formation agricole type BTS A ou licence professionnelle, capables de bien appréhender les besoins de la clientèle et de s’inscrire dans la durée.

Quelles sont les compétences attendues par les recruteurs ?
T. C. : Pour les profils issus de formations agricoles, la première qualité recherchée est la connaissance « culturelle » du monde agricole, de ses attentes professionnelles et de sa manière de travailler, de façon à pouvoir établir une relation de confiance. Sur cette légitimité technique et relationnelle devra venir se greffer une envie d’apprendre, pour acquérir les compétences bancaires indispensables à la spécialisation dans ce secteur. Par là même, la patience et la mobilité sont deux qualités indispensables pour faire carrière, car il faut accepter de faire ses premières armes au guichet pour pouvoir ensuite exploiter pleinement ses compétences techniques.

Les entreprises de la filière offrent-elles des perspectives d’évolution ?
T. C. : La mobilité est une des clés pour progresser dans le secteur de la banque. Mobilité fonctionnelle, pour progresser de postes « junior » vers des postes plus spécialisés sur des portefeuilles de clients « grands comptes » ou ensuite d’analystes financiers ou de responsables de marché agriculture. Mobilité professionnelle également, puisque l’on peut aussi progresser au sein des banques en abandonnant le domaine agricole afin d’accéder à des responsabilités plus transversales : marketing, responsabilités hiérarchiques, suivi d’autres marchés que l’agriculture… Le corollaire de tout cela étant, bien entendu, la mobilité géographique, indispensable si l’on veut faire carrière dans ce type d’entreprises.

Globalement, comment se porte le marché de l’emploi dans la filière ? Est-il actif dans toutes les régions ?
T. C. : Une nouvelle fois, précisons que nous ne parlons que de la partie agricole de ce secteur, nos commentaires n’ont donc pas vocation à être généralisés. En 2014, l’Apecita a publié 186 postes émanant des banques (soit 1 % du total de nos annonces), auxquels il convient de rajouter les nombreux recrutements effectués « à la source » auprès des écoles spécialisées en agriculture, comme évoqué précédemment. Pour compléter cet aperçu, le Crédit agricole, leader sur le marché, affiche 3 000 postes dédiés à l’agriculture dans ses différentes caisses régionales. La dématérialisation permise par les nouvelles technologies, la diminution du nombre d’agriculteurs et la persistance de la crise économique n’ont pas entraîné de croissance du nombre de postes ces dernières années. Néanmoins, le besoin est toujours là et les banques sont particulièrement intéressées par les profils ayant une formation agricole, prêts à débuter en s’investissant dans la vie des territoires ruraux. De manière assez logique, au vu de la densité d’exploitations agricoles, c’est le grand quart Ouest de la France (Bretagne, Normandie, Pays de la Loire, Centre) qui concentre la grande majorité des offres proposées à l’Apecita.

Existe-t-il des métiers dits « en tension » où les employeurs connaissent des difficultés à recruter ?
T. C. : Les tensions de recrutement portent plus sur la localisation que sur les métiers eux-mêmes, les difficultés pour pourvoir les postes augmentant avec l’éloignement des métropoles régionales. Mais signalons aussi que, parfois, la dimension commerciale de la relation avec les agriculteurs n’est pas suffisamment perçue au départ et génère des réorientations rapides vers d’autres secteurs d’activité.

Voit-on se développer de nouveaux métiers, des métiers d’avenir ?
T. C. : Sur le champ de l’Apecita, on ne peut pas parler véritablement de nouveaux métiers. En revanche, il y a nécessité d’intégrer en permanence les évolutions économiques, technologiques et sociétales de l’agriculture (marchés à terme, essor continu du machinisme et des nouvelles technologies, poids croissant du foncier, développement des formes sociétaires…). Les banques adaptent donc leur offre de services, en segmentant leur clientèle pour lui proposer un accompagnement spécifique, adapté à sa dynamique d’investissement professionnel et à ses besoins personnels et patrimoniaux.

(1) Pour découvrir de manière plus exhaustive l’ensemble des métiers de la banque, rendez-vous sur le site de la Fédération française bancaire : www.fbf.fr
(2) www.cfpb.fr/formations (à titre indicatif).

Propos recueillis par Aude Bressolier (Tribune Verte, 2015)