Votre référent Métiers dans les organisations professionnelles agricoles
Laurence STEY : lstey@apecita.com

« Le marché de l’emploi dans les OPA a tendance à se stabiliser »

Dans le cadre des nouveaux services qu’elle développe, l’Apecita a mis en place un réseau de référents, parmi ses conseillers, dont le but est d’apporter aux candidats une vision sur l’état du marché, les débouchés et les problématiques de chaque filière.

Quels sont les principaux métiers existants au sein des organisations professionnelles agricoles ?
Laurence Stey : Les organisations professionnelles agricoles (OPA) sont nombreuses et diverses dans le paysage agricole français. Elles structurent et représentent le monde agricole. Elles regroupent des agriculteurs sur la base du volontariat et sont gérées par leurs représentants élus démocratiquement. Les OPA interviennent à plusieurs niveaux : la défense des agriculteurs avec les syndicats, l’exercice du métier et la conduite de l’exploitation agricole et, enfin, la mise en œuvre de la politique agricole. On y trouve essentiellement des postes liés au conseil, à l’animation et au développement agricole : animateur d’OPA, animateur syndical, conseiller technique, contrôleur laitier, contrôleur vétérinaire, chargé d’études, chargé de mission. Sans oublier l’ensemble des métiers transversaux en lien avec l’administration, la communication ou encore l’informatique qui sont indispensables pour le bon fonctionnement de ces structures.

Voit-on se développer de nouveaux métiers, des métiers d’avenir ?
L. S. : Depuis quelques années, la prise en compte des questions de traçabilité, de développement durable et de respect de l’environnement devient de plus en plus importante dans le paysage agricole français. C’est pourquoi on voit apparaître, au sein des OPA, de nouveaux métiers de conseil en lien avec ces thématiques. Les agriculteurs sont également demandeurs de conseils juridiques et fiscaux. Les profils dotés de compétences sur ces questions (du type diplômés de l’Institut des hautes études de droit rural et d’économie agricole – Ihedrea) sont ainsi très recherchés.

Ces différents métiers sont-ils accessibles à tous les niveaux de formation ? Si oui, quels sont les niveaux, voire les diplômes les plus recherchés ?
L. S. : Les postes en conseil et en animation s’adressent essentiellement à des titulaires de diplômes de niveau Bac+2 à Bac+5. D’autant que les agriculteurs qu’ils seront amenés à conseiller sont de mieux en mieux formés. La connaissance technique restant primordiale dans ces métiers, les profils agri/agro (BTSA, licence pro, ingénieur) seront souvent préférés à des profils universitaires. Pour autant, ces postes ne sont pas fermés pour les candidats « non agri » mais il leur faudra faire preuve d’une réelle sensibilité pour ce milieu.

Quelles sont les compétences attendues par les recruteurs ?
L. S. : Les recruteurs recherchent avant tout des personnes ayant un bon bagage technique puisqu’elles seront amenées à conseiller directement les agriculteurs. Mais ils sont également très sensibles au savoir-être des candidats : leurs capacités d’écoute, de transmission de connaissances, d’animation de groupes seront autant d’éléments qui pourront peser dans la balance. Enfin, les compétences plus spécifiques en lien avec les nouvelles attentes de la profession (environnement, développement durable, juridique, fiscal…) restent des atouts supplémentaires.

Les entreprises de la filière offrent-elles des perspectives d’évolution ?
L. S. : Les perspectives d’évolution existent mais tout dépend de la spécialisation du salarié. S’il est ouvert à la mobilité géographique, les opportunités seront plus nombreuses. Il peut très bien évoluer au sein de son OPA en acquérant de nouvelles compétences et connaissances via la formation professionnelle continue. Mais il peut également évoluer dans une autre OPA car celles-ci fonctionnent avant tout comme un réseau.

Globalement, comment se porte le marché de l’emploi dans la filière ? Est-il actif dans toutes les régions ?
L. S. : Le marché de l’emploi dans les OPA reste actif sur toutes les régions puisqu’elles sont présentes sur l’ensemble du territoire. Les sièges nationaux sont surtout en Île-de-France mais on retrouve la majorité de ces structures dans les régions, voire dans les départements. Il existe bien évidemment des spécificités régionales sur certains postes en lien direct avec les productions (conseiller en élevage, conseiller viticole…). À chacun de trouver la région qui lui correspond. En revanche, on constate depuis quelques années une volonté de mutualisation des compétences intra- OPA et inter-OPA. Cela se traduit par une stagnation des offres d’emploi proposées par ces structures.

Existe-t-il des métiers dits « en tension » où les employeurs connaissent des difficultés à recruter et si oui, comment l’explique-t-on ?
L. S. : Comme j’ai pu le préciser précédemment, les candidats ayant des compétences aussi bien agricoles qu’économiques, fiscales ou juridiques sont aujourd’hui très recherchés. De même, les profils spécialisés dans le monde du machinisme agricole restent également très rares. Les problèmes de recrutement dans le secteur agricole sont dus au peu de personnes intéressées par ce domaine pourtant très novateur et proposant de belles opportunités dans des secteurs et fonctions très variés.

Propos recueillis par Aude Bressolier (Tribune Verte, 2017)