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Florence CHARIER : avignon@apecita.com
Sandrine LELEU : sleleu@apecita.com

Découvrez le Tribune Verte « Etudier à l'étranger »

« S’expatrier pour faire ses études ne s’improvise pas »

Depuis plusieurs années, l’APECITA a mis en place un réseau de référents parmi ses conseillers. Pour ce dossier spécial, Florence Charier et Sandrine Leleu vous apportent leurs conseils pour partir à l’étranger dans le cadre de vos études.

Qu’est-ce qui motive certains étudiants français à étudier, toute ou une partie de leur scolarité, à l’étranger ?
Florence Charier : L’une des principales motivations reste l’apprentissage d’une langue étrangère. La pratique en continu d’une langue avec les natifs du pays est le meilleur moyen de la maîtriser. Ensuite, vient la découverte d’une nouvelle culture. Il est toujours enrichissant de découvrir d’autres modes de vie, non seulement pour son ouverture d’esprit, mais aussi pour son épanouissement personnel : cela peut être une expérience unique pour prendre confiance en soi, pour apprendre à mieux se connaître mais aussi à s’ouvrir aux autres. Enfin, l’un des intérêts majeurs de l’expatriation est la découverte de processus d’études très différents et de nouvelles méthodes pédagogiques.

Est-il possible de partir étudier partout ? Quelles destinations les étudiants français préfèrent-ils ?
Sandrine Leleu : D’après l’Institut de statistique de l’Unesco, l’Europe séduit les étudiants français. L’Espagne, le Royaume-Uni et l’Allemagne sont les principales destinations choisies par les Français dans le cadre du programme Erasmus, notamment en raison des partenariats entre des établissements français et ceux de ces pays, mais aussi des disciplines enseignées, du coût de la vie sur place et de l’ambiance ! Pour les étudiants internationaux, ce sont les États-Unis qui arrivent en premier, mais le nombre de Français partant dans ce pays augmente depuis quelques années. Il est à noter que les écoles et les universités du monde entier ont développé de nouvelles solutions pour permettre aux étudiants d’effectuer une partie de leur cursus dans un établissement à l’étranger, mais planifier ses études à l’international n’est pas une chose simple. La première des questions à se poser est de savoir ce que l’on souhaite étudier. Commencez par vous demander avec précision les enseignements que vous voulez suivre, et interrogez-vous ensuite sur les pays qui proposent des études de qualité dans le domaine ciblé. Pour cela, vous pouvez vous rendre sur le site www.worldiploma.com afin de préparer votre séjour d’études à l’étranger (informations sur les programmes). Vous pouvez également consulter le site www.cursusmundus.com, vous y trouverez des fiches de renseignements pour chaque pays afin de savoir comment partir dans celui qui vous intéresse, car chaque destination possède ses propres procédures.

Certaines écoles encouragent-elles leurs étudiants à partir à l’étranger ?
S. L. : La dimension internationale d’une école est devenue un facteur de choix important. Sur ce point, les écoles de commerce et de management ont une longueur d’avance. Certaines favorisent la construction de campus à l’étranger, d’autres développent leurs implantations ou délocalisent leurs formations. En ce qui concerne les dispositifs de l’enseignement agricole, les initiatives des écoles dans l’enseignement supérieur ne manquent pas, elles favorisent la mobilité des étudiants en formation d’ingénieurs, de vétérinaires et de paysagistes.

Si mon école ne le propose pas, puis-je faire cette démarche seul ?
F. C. : En fonction des diplômes, cela peut être compliqué. Avant le bac, seuls les échanges scolaires permettent de réaliser une partie de son cursus à l’étranger. Ensuite, bien que le bac soit largement reconnu, chaque pays ou université peut imposer ses conditions d’admission. Les BTS et les DUT, étant peu ou pas reconnus hors de France, permettent assez rarement d’entamer directement un second cycle en Europe. La meilleure période pour partir étudier à l’étranger est après un bac + 3, car il s’agit du niveau où il existe le plus de correspondances entre les formations françaises et celles étrangères. Ensuite, la démarche « partir à titre individuel » existe, mais tout ce qui en découle est à effectuer seul : la recherche d’un établissement, la reconnaissance des diplômes, l’évaluation de votre niveau de langue, les aspects de la vie quotidienne (logement, possibilité de bourses d’études, etc.). Enfin, que ce soit à titre individuel ou dans le cadre d’un dispositif ou d’un programme, il faut surtout se sentir prêt à partir. Une réflexion approfondie s’impose afin d’éviter les regrets : pour que l’expérience soit vraiment bénéfique, cela ne doit pas être une contrainte, mais un plaisir.

Existe-t-il des accords de coopération entre des établissements français et étrangers ?
F. C. : Désireuses de promouvoir des relations en étroite coopération entre leurs pays, de favoriser les échanges et les partenariats, de nombreuses universités et écoles ont passé des accords avec des établissements européens qui ne participent pas à Erasmus +, mais qui permettent de partir étudier à l’étranger ou dans des établissements hors de l’Europe. Ces programmes sont basés sur la reconnaissance de vos périodes d’études à l’étranger et sur la préparation de doubles diplômes. Contactez le secrétariat de votre UFR (unité de formation et de recherche) ou le service des relations internationales de votre établissement. Si vous n’êtes pas encore inscrit dans un établissement, connectez-vous sur les sites des universités qui vous intéressent pour découvrir leurs programmes internationaux.

Si on passe un diplôme à l’étranger, comment savoir s’il est reconnu en France ?
S. L. : Concernant la reconnaissance professionnelle des diplômes, il n’y a pas de principe d’équivalence entre les diplômes obtenus à l’étranger et ceux français délivrés par les ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur. La personne titulaire d’un diplôme étranger peut demander une attestation de comparabilité de son diplôme auprès du centre Enic-Naric France(1). La reconnaissance académique permet à un jeune ou à un étudiant d’entreprendre ou de poursuivre des études dans un autre État membre dans le cadre d’une mobilité individuelle ou organisée (programme d’échanges). Dans ce cas, la reconnaissance des diplômes est prévue dans les accords d’échanges, ou par l’application du système européen d’unités capitalisables (ECTS : European Crédits Transfer System) : il permet d’attribuer des crédits à toutes les composantes d’un programme d’études (modules, cours, stages, thèse) en se fondant sur la charge de travail à réaliser par l’étudiant. Il s’applique principalement à la formation universitaire, et donne une meilleure transparence aux cursus, facilite la reconnaissance académique des études à l’étranger et donc favorise la mobilité étudiante. C’est actuellement le seul système de crédits testé et employé avec succès à travers l’Europe.

Quels sont vos conseils pour bien préparer son départ à l’étranger ?
F. C. : S’expatrier pour faire ses études ne s’improvise pas. Cela se prépare au moins un an à l’avance. Tout d’abord, il faut bien se renseigner sur le pays, puis compléter le dossier de candidature avec l’université s’il s’agit d’un échange universitaire ou contacter l’université à l’étranger. Pensez à régler toutes les formalités administratives : papiers d’identité, visa, vaccins, permis de conduire, assurance, compte bancaire, logement (la plupart du temps, les universités d’accueil vous proposent un logement en famille d’accueil, sur le campus ou en ville). Pour plus de renseignements, vous pouvez vous rendre sur le site www.diplomatie.gouv.fr. Pour les questions de protection sociale et de santé, consultez www.cleiss.fr, le site de la caisse d’assurance maladie internationale.

Quelles sont les aides à la mobilité internationale ?
S. L. : L’aide à la mobilité internationale s’adresse aux étudiants déjà boursiers du Crous (Centre régional des oeuvres universitaires et scolaires) souhaitant partir à l’étranger (www.etudiant.gouv.fr). Ils continueront à recevoir la bourse sur critères sociaux qui leur a été attribuée, tout en percevant cette nouvelle aide complémentaire. Renseignez-vous également auprès de l’agence Erasmus + France (agence.erasmusplus.fr) pour des aides à la mobilité étudiante en Europe, ou auprès du service des relations internationales de votre établissement. Toutefois, la première condition d’obtention de la bourse à la mobilité internationale est de partir étudier au sein d’une institution reconnue par l’État. D’autres bourses existent, elles peuvent émaner du ministère des Affaires étrangères, d’autres ministères, des conseils régionaux, etc. Pour plus d’informations, consulter le site des affaires étrangères.

Avoir fait une partie de ses études à l’étranger est-il un point à valoriser dans sa future recherche d’emploi ?
F. C. : Il s’agit effectivement d’une expérience qui s’avère généralement marquante et formatrice. À l’heure de la mondialisation, un parcours à l’international a de la valeur pour un recruteur – en fonction du poste proposé (maîtrise d’une langue étrangère…) – et cela permet de mettre en valeur des qualités telles que l’adaptation, l’autonomie, la curiosité intellectuelle, l’ouverture d’esprit, qui sont très recherchées dans le monde du travail. Valoriser ses études à l’étranger sera le meilleur moyen de vous différencier des autres candidats et de vous faire plus facilement une place sur le marché de l’emploi, alors, n’oubliez pas de l’inscrire sur votre CV !

(1) Centre français d’information sur la reconnaissance académique et professionnelle des diplômes (www.enic-naric.net).

LES DISPOSITIFS DÉDIÉS AUX ÉTUDES À L’ÉTRANGER
Étudier à l’étranger coûtant souvent cher, la solution la plus économique reste donc de passer par un programme d’échange. Les universités, les écoles et les Régions proposent de nombreux programmes de mobilité et accords d’échanges européens et mondiaux, adaptés à toutes les étapes de votre parcours scolaire.


Les programmes européens
• Erasmus + : ces dernières années, il a permis à des milliers d’étudiants français de partir étudier dans un pays de l’Union européenne. Pour plus de renseignements : www.erasmusplus.fr
• Échanges scolaires Erasmus + (ex-Comenius) : il permet les échanges et la coopération entre les établissements scolaires en Europe, de la maternelle au lycée.


Les autres programmes qui dépassent le cadre géographique européen
• Erasmus Mundus : il a pour but de favoriser les échanges, non pas en Europe comme Erasmus +, mais dans le reste du monde.
• APUI (agences de placements universitaires internationales) : ce sont des entreprises privées aidant les étudiants dans toutes les démarches pour étudier à l’étranger.
• CEEPUS : c’est un programme d’échange d’étudiants dans la région de l’Europe centrale.
• CEMS : c’est une association de trente universités et grandes écoles de commerce localisées principalement en Europe
• Crepuq : il fait le lien entre des universités françaises et des universités du Québec, et favorise l’échange d’étudiants entre ces deux pays.
• Education USA : ce programme payant vise uniquement à aider les étudiants étrangers dans leurs démarches afin d’étudier aux États-Unis.
• Isep : il a pour but de rendre les études aux États-Unis plus accessibles pour les étudiants dans près de 150 universités et écoles dans le monde.
• Micefa : il fait le lien entre les universités de Paris et de sa région avec près de 80 universités américaines et canadiennes.


Propos recueillis par Aude Bressolier (Tribune Verte N°2936, 2020)
 

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