Votre référent dans l'Agrofourniture (hors agroéquipement)
Olivier GLOKER : ogloker@apecita.com

Le secteur de l'agrofourniture comprend l'ensemble des entreprises qui fournissent aux agriculteurs les moyens de produire : semences, produits phytosanitaires, engrais et amendements (organiques ou minéraux), mais aussi aliment du bétail et produits vétérinaires. Les ventes au détail auprès des agriculteurs sont réalisées par les coopératives et par les négoces privés.

Au sein de l'agrofourniture, on distingue la filière Agroéquipement : les constructeurs et distributeurs y sont très présents, sans omettre les utilisateurs (exploitations agricoles, CUMA, entrepreneurs de travaux agricoles et forestiers...). On y trouve les équipements et matériels pour toutes les productions : animales, végétales, paysage.

 

Agrofourniture :
De réelles opportunités d’emploi pour un secteur en mal d’image

Dans le cadre des services qu’elle développe, l’Apecita a mis en place un réseau de référents parmi ses conseillers, dont le but est d’apporter aux candidats une vision sur l’état du marché, sur les débouchés et sur les problématiques de chaque filière. Bertrand Delesalle et Olivier Gloker nous apportent leur éclairage sur les métiers de l’agrofourniture.

Pouvez-vous nous présenter le secteur de l’agrofourniture et les principaux débouchés qu’offre cette filière ?
Bertrand Delesalle : Le secteur de l’agrofourniture (en dehors de l’agroéquipement) comprend l’ensemble des entreprises qui fournissent aux agriculteurs les moyens de produire : semences, produits de phytoprotection, engrais et amendements (organiques ou minéraux), mais aussi l’aliment du bétail et les produits vétérinaires. Les ventes auprès des agriculteurs sont réalisées par la distribution agricole : les coopératives et les négoces privés. C’est un secteur très important puisqu’il génère, en France, un chiffre d’affaires estimé à près de 15 milliards d’euros : 6,5 milliards d’euros pour l’industrie de la nutrition animale, 3,4 milliards d’euros pour le secteur des semences et des plants, 2 milliards d’euros pour les fertilisants et plus de 2 milliards d’euros pour la protection des plantes. Que ce soit dans la production, la vente, le conseil ou encore la recherche et l’expérimentation, on y retrouve une grande diversité de métiers. Les métiers proposés s’échelonnent du bac pro jusqu’au doctorat. Ils se déclinent au masculin et au féminin ! Des certificats de spécialisation (CS) sont également offerts aux élèves, aux apprentis, aux étudiants et aux stagiaires adultes qui y travaillent ou qui s’y destinent.

Globalement, comment se porte le marché de l’emploi dans la filière ?
Olivier Gloker : L’importance de la filière se traduit clairement au niveau des recrutements, puisque ce secteur est régulièrement dans les trois premiers au sein du périmètre Apecita. Outre le métier de technico-commercial (avec cette double dimension bien présente), on y trouve notamment ceux de conseil-animation, de la recherche-expérimentation et de la production. La plupart des entreprises étant des PME ou des TPE, les postes y sont souvent multifonctions, où l’adaptabilité est importante.
B.D. : Ces postes sont notamment adaptés à un début de carrière, offrant une partie de l’activité sur le terrain (travail sur le vivant, contact avec les agriculteurs). Aussi, les opportunités d’évolution professionnelle sont réelles. La très grande majorité des postes y est à pourvoir en CDI.

Existe-t-il des métiers « en tension » où les employeurs connaissent des difficultés à recruter, et si oui, comment l’explique-t-on ?
O.G. : Aujourd’hui boudée par les jeunes générations, l’agrofourniture souffre en effet d’une mauvaise image : agriculture intensive, pesticides, OGM, etc., faisant ainsi baisser la pression de la concurrence sur les postes, et tendant à tirer vers le haut les rémunérations ainsi que les conditions de travail, d’où de réelles opportunités. Pour autant, la triple performance économique, sociétale et environnementale ainsi que la révolution numérique bouleversent ce secteur d’activité, comme tant d’autres, et tous les métiers sont impactés.

Cela se traduit-il par le développement de nouveaux métiers ?
B.D. : En effet, pour répondre en particulier au défi de produire plus et mieux, l’agriculture, dans son acte de production, doit encore évoluer pour atteindre les objectifs qui lui sont assignés : utiliser moins d’intrants, respecter davantage les ressources et la biodiversité… Tout en restant économiquement performante. Ainsi, les métiers évoluent et sont appelés à continuer d’évoluer : notamment les métiers de la recherche fondamentale et appliquée, de l’expérimentation et du développement, ainsi que ceux du conseil, ces derniers reprenant plus que jamais du sens. Les métiers du commerce et de la vente sont également impactés, ne serait-ce qu’à l’aune des débats actuels sur la séparation du conseil et de la vente » au niveau de la distribution agricole.

Propos recueillis par Aude Bressolier (Cahier expert « L’emploi dans l’agrofourniture, 2019)

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