Votre référent dans l'Agroéquipement
Bertrand DELESALLE : bdelesalle@apecita.com

Le secteur de l'agrofourniture comprend l'ensemble des entreprises qui fournissent aux agriculteurs les moyens de produire : semences, produits phytosanitaires, engrais et amendements (organiques ou minéraux), mais aussi aliment du bétail et produits vétérinaires. Les ventes au détail auprès des agriculteurs sont réalisées par les coopératives et par les négoces privés.

Au sein de l'agrofourniture, on distingue la filière Agroéquipement : les constructeurs et distributeurs y sont très présents, sans omettre les utilisateurs (exploitations agricoles, CUMA, entrepreneurs de travaux agricoles et forestiers...). On y trouve les équipements et matériels pour toutes les productions : animales, végétales, paysage.

 

L’agroéquipement :
toujours en quête de talents !

Bertrand Delesalle, référent Apecita en agroéquipement, nous apporte son éclairage sur les métiers de la filière.

Quels sont les principaux débouchés qu’offre la filière de l’agroéquipement ?
Bertrand Delesalle : On distingue trois grandes familles de structures dans la filière de l’agroéquipement : les constructeurs (plus de 500 entreprises avec plus de 15 000 salariés en équivalents temps plein), les distributeurs (avec environ 3 600 entreprises et plus de 36 000 salariés en équivalents temps plein)(1) et enfin les importateurs. On retrouve, chez les constructeurs, une grande diversité de métiers en lien avec la production, la fabrication et le service après-vente mais aussi ceux liés à la recherche et au développement, au marketing et au commerce. Chez les concessionnaires-distributeurs, on trouve des postes de technicien de maintenance diagnostic, de mécanicien en atelier, de technicien SAV, de magasinier-vendeur et bien évidemment de technico-commercial. Il ne faut pas oublier les instituts techniques, les Cuma et les entreprises de travaux agricoles (entrepreneurs des territoires) qui sont également pourvoyeurs d’emplois dans le secteur.

Ces différents métiers sont-ils accessibles à tous les niveaux de formation ? Si oui, quels sont les niveaux, voire les diplômes les plus recherchés ?
B. D. : Certains métiers sont accessibles à partir du Bac Pro, comme les postes de mécaniciens ou de vendeurs magasiniers… Mais il est à noter que le niveau Bac + 2/3 est de plus en plus recherché en particulier pour les postes de techniciens de maintenance, techniciens SAV. Pour les technico-commerciaux, la double compétence technique et commerciale est fortement appréciée. Les métiers de la R&D et du marketing s’adressent davantage à des ingénieurs.

Souvent présenté comme un secteur pourvoyeur d’emplois, l’agroéquipement peine à recruter sur certains métiers. Comment l’explique-t-on ?
B. D. : La filière agroéquipement subit toujours le contrecoup de la situation difficile qu’a connu l’agriculture en 2016. Néanmoins, la filière reste porteuse d’emplois. Ainsi, d’après les chiffres diffusés par Axema(2) et le Sedima(3), 4 000 postes seraient à pourvoir. 66 % des constructeurs prévoient de recruter de nouveaux collaborateurs cette année. Un chiffre qui tombe à 26 % pour les distributeurs. Mais le secteur connaît des difficultés récurrentes de recrutement. Les raisons évoquées par les professionnels sont diverses : nombre de candidats insuffisant, niveau de compétences et d’expérience trop faible… Le secteur souffre aussi d’un déficit d’image. Les jeunes sont trop nombreux à méconnaitre les métiers de la filière et ils ignorent souvent la modernité des équipements agricoles actuels et l’importance des nouvelles technologies (informatique, électronique, numérique…) qui donneront lieu demain à de nouveaux métiers. Le secteur de l’agroéquipement est en effet appelé à répondre au nouveau défi de l’agriculture : celui de produire plus mais mieux et autrement. Elle est donc plus que jamais une filière d’avenir !

Pourtant, les entreprises de la filière offrent des perspectives d’évolution ?
B. D. : Au vu de la diversité des métiers au sein d’une même entreprise, les perspectives d’évolution sont réelles. Ainsi, un magasinier-vendeur pourra évoluer vers un poste de technico-commercial, et passer ainsi du « sédentaire à l’itinérant ». De même, un technicien ou un mécanicien pourra également évoluer, soit en se spécialisant, dans le domaine des nouvelles technologies par exemple, soit en se dirigeant vers des postes de management (chef d’équipe, chef d’atelier). Là encore, les candidats qui maîtriseront au moins une langue étrangère trouveront davantage de possibilités d’évolution. On peut noter également que dans le domaine de l’agroéquipement, à côté des grandes entreprises, il existe de très nombreuses PME et également des « start-up ». Aussi, compte tenu du nombre de postes à pourvoir, et du rapport offre/demande souvent favorable aux candidats, il est vraiment permis d’espérer de belles évolutions de carrière, bien entendu pour les candidats les plus compétents.

(1) : Source : Axema
(2) : Syndicat français des constructeurs de machines agricoles
(3) : Syndicat national des entreprises de service et distribution du machinisme agricole

Propos recueillis par Aude Bressolier (Tribune Verte N°2859, 2017)

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