Quel regard portent les français sur la formation professionnelle ?

Les Français ont-ils, aujourd’hui, un projet de reconversion professionnelle ? Quelle image ont-ils de la formation ? L’institut Harris Interactive a cherché à répondre à ces questions au travers de deux enquêtes. « Tribune Verte » vous en dévoile les grandes lignes.

La formation professionnelle est un outil majeur à la disposition de tous les actifs : salariés, indépendants, chefs d’entreprise ou demandeurs d’emploi. Elle permet de se former tout au long de son parcours professionnel, pour développer ses compétences et pour accéder à l’emploi, pour se maintenir dans l’emploi ou encore pour changer de profession. La formation est également un enjeu déterminant pour les entreprises à la recherche de compétences. Selon la dernière enquête de Pôle emploi – Crédoc portant sur les besoins en main-d’oeuvre des entreprises, en 2019, plus de 960 000 projets de recrutement ont été jugés difficiles par les employeurs, et 42 % d’entre eux l’ont été en raison d’un manque de formation des candidats. Plus globalement, la formation s’affiche comme une nécessité afin de répondre aux mutations économiques actuelles. On estime ainsi que, d’ici 2035, 50 % des métiers devraient voir leur contenu transformé de manière significative.

Une image plutôt positive

Mais, quel rapport les Français entretiennent-ils avec la formation ? Selon une enquête réalisée en avril dernier par Harris Interactive pour le compte du Cnam, leur jugement est plutôt favorable (pour près de sept sondés sur dix). « En France, la formation est majoritairement jugée utile (84 %), diversifiée (76 %) et de qualité (73 %), soulignent les auteurs de l’enquête. Dans une moindre mesure, elle est également considérée comme plutôt efficace (65 %), ouverte à tous les publics (64 %) et valorisée, tant par les entreprises (65 %) que par la société dans sa globalité (62 %). » En revanche, au-delà de ce regard d’ensemble, les Français se montrent plus partagés au sujet du lien entre formation et besoins actuels. En effet, moins de six Français sur dix l’estiment adaptée aux besoins du marché du travail (56 %). Par ailleurs, seulement 58 % d’entre eux pensent qu’elle est aujourd’hui accessible sur l’ensemble du territoire. « L’adaptation aux besoins réels, tant en matière de demande des entreprises que d’accessibilité géographique, apparaît donc aujourd’hui comme un enjeu majeur » précise-t-on chez Harris Interactive. D’après cette même enquête, la majorité des Français est convaincue de l’utilité  de suivre au moins une formation au cours de sa vie professionnelle : 43 % pensent qu’il s’agit d’une étape très importante (particulièrement parmi les personnes les plus âgées, celles issues  des catégories aisées, et celles ayant elles-mêmes suivi une formation), et 93 % estiment que c’est important. De fait, suivre une formation est majoritairement associé à de nombreux bénéfices sur le plan personnel mais aussi professionnel. La très grande majorité des Français considère que la formation est un moyen efficace pour acquérir de nouvelles compétences (92 %), pour évoluer dans sa vie professionnelle (89 %) ou pour se reconvertir (88 %). Dans une autre enquête plus récente (novembre 2019) pour le compte du ministère du Travail, l’institut Harris dévoile que les Français de 18 à 65 ans estiment majoritairement qu’il est important de pouvoir suivre une formation professionnelle, pour changer de métier ou pour être recruté par un nouvel employeur. La moitié d’entre eux déclare même envisager une évolution ou une reconversion professionnelle à moyen terme (57 % parmi les actifs). Afin de mener à bien leur projet d’évolution ou de reconversion professionnelle, plus de trois personnes sur quatre estiment qu’une formation est nécessaire. Dans ce cadre, 61 % d’entre eux considèrent avoir besoin d’être accompagnés par un expert ou par un spécialiste. Pourtant, l’enquête Harris Interactive d’avril 2019 expose que 56 % des Français admettent se sentir mal informés à propos de la formation en général. Aussi, ce niveau relativement faible d’information concerne l’ensemble des dimensions de la formation, à commencer par les coûts associés (65 % se disent mal informés), l’offre de formation près de chez soi (62 %), et l’offre globale tout au long de la vie (60 %).

Le CPF plébiscité

On notera enfin que la plupart des Français déclarent avoir déjà entendu parler du compte personnel de formation (72 %), même si seulement une partie d’entre eux voient précisément de quoi il s’agit (38 %). Et, compte tenu du niveau d’importance accordé à la formation, on observe que le CPF suscite un certain intérêt auprès des Français. En effet, si l’on se concentre sur les non-retraités, 19 % déclarent l’avoir déjà utilisé (principalement des cadres), et 41 % envisagent de le faire au cours des prochaines années.

Aude BRESSOLIER (Tribune Verte 2931)

Sources : « Les Français et les enjeux de la formation » : enquête réalisée, pour le Cnam, par Harris Interactive en ligne du 26 au 30 avril 2019. Échantillon de 2 047 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus. « Les Français et la formation professionnelle » : enquête réalisée, pour le ministère du Travail, par Harris Interactive en ligne du 12 au 14 novembre 2019. Échantillon de 1 001 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus.