OPINION

Les écoles d’ingénieurs du réseau Polytech proposent douze domaines de formation, allant de la biologie à l’informatique, en passant par la mécanique ou le génie civil.

Quelles sont les spécificités du réseau Polytech ?
Sabine Galindo : Notre réseau réunit des écoles publiques internes aux universités, dont 90 % des enseignants sont aussi des chercheurs. Les écoles fonctionnent de manière harmonisée sur divers aspects (procédures de recrutement, partage des valeurs…). Dans le cadre du cycle ingénieur, elles proposent chacune plusieurs domaines de formation dont pour certaines « Eau, environnement, aménagement » (EEA) et/ou « Génie biologique et alimentaire » (GBA). En tant qu’école polytechnique, les étudiants peuvent réaliser des projets transverses avec leurs collègues d’autres spécialités. Dans le cadre de traitement de données, les élèves de GBA peuvent ainsi travailler avec les étudiants spécialisés en informatique.
Comment intégrer le parcours des écoles d’ingénieurs Polytech (PeiP) après le baccalauréat ?
S. G. : Les lycéens doivent s’inscrire sur Parcoursup au concours Geipi Polytech (commun à 34 écoles). Cette année, l’écrit est basé sur les mathématiques et la physique-chimie. L’année prochaine, avec la réforme du bac, les sujets seront adaptés, mais il y aura nécessairement un sujet de mathématiques et un sujet sur une autre matière scientifique. Dans le cadre de la réforme, nous recommandons aux lycéens qu’ils choisissent en première trois options scientifiques, dont nécessairement les mathématiques et la physique-chimie. En terminal, ils devront absolument opter pour les mathématiques et une des quatre autres matières scientifiques (physique-chimie, SVT…).
Le cycle préparatoire se décline en trois PeiP. Pouvez-vous en dire plus sur le parcours « bio » proposé par cinq écoles du réseau ?
S. G. : Tous les étudiants en PeiP ont des mathématiques, de la physique-chimie et de l’informatique. Dans le cycle bio, les volumes de formation sont adaptés en mathématiques et physique-chimie pour intégrer de la biologie. Cette prépa n’est pas forcément un prérequis pour intégrer les domaines EEA ou GBA. À Polytech Montpellier, pour GBA, nous prenons autant de profils bio, que non bio, car en première année du cycle ingénieur une remise à niveau des étudiants est effectuée.
De quelle manière les étudiants peuvent intégrer la première année du cycle ingénieur Polytech à la suite d’un bac + 2 ?
S. G. : La voie classique pour les écoles d’ingénieur est celle des étudiants venant de classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) (mathématiques, physique-chimie…). L’autre voie est celle des concours sur titres. En première année de cycle ingénieur ce sont majoritairement des titulaires de DUT, mais aussi de licences et quelques BTS. Après avoir envoyé leur dossier (notes depuis le bac, classement, lettre de motivation), les candidats pourront être reçus en entretien. Les étudiants souhaitant poursuivre leur cursus en apprentissage peuvent postuler directement auprès des spécialités. C’est une demande croissante : nous sommes en train d’ouvrir une quatrième formation en apprentissage en informatique. Actuellement, cette voie n’est toutefois pas proposée pour la spécialité GBA à Polytech Montpellier. Nous nous étions posé la question dans le cadre d’un conseil de perfectionnement1 où nous avions interrogé des professionnels, mais pour l’instant, les entreprises du secteur sont plus intéressées par les contrats de professionnalisation sur un an en dernière année. À la suite de ces conseils, les formations peuvent néanmoins évoluer. En GBA, il avait par exemple été décidé d’intégrer plus de biotechnologies. Nous nous adaptons à la demande du secteur, à l’évolution du marché et aux nouveaux enjeux.

(1) Prévu par la commission des titres d’ingénieur.

Propos recueillis par Caroline EVEN (Tribune Verte 2934)