Le moniteur, coeur de métier en MFR

Issues du mouvement associatif, les maisons familiales rurales sont le plus souvent des petites structures où l’enseignement est dispensé par des moniteurs proches de leurs apprenants.

Dans les maisons familiales rurales (MFR), l’enseignant se nomme le moniteur. Comme dans les mouvements d’éducation populaire, il est celui qui montre, qui guide et qui avertit comme un conseiller. En MFR, où les apprenants se forment par alternance notamment en
exploitations agricoles, en l’occurrence chez des spécialistes, le moniteur n’en est justement pas un. Très souvent, il dispense son savoir dans plusieurs matières d’un même domaine. L’un peut enseigne la zootechnie et la gestion comptable, sociale et fiscale d’une exploitation, l’autre la conception et la gestion de chantiers paysagistes, deux métiers différents de la filière paysage. « D’une part, nous sommes souvent de petites structures », précise Anouk Moreau, moniteur MFR de Carquefou (44) qui enseigne des matières générales (français, économie, conduite de projet, suivi professionnel…). « Matériellement, il n’est pas possible d’avoir des enseignants spécialistes pour chaque matière. D’autre part, nous ne souhaitons pas perturber les classes par un passage trop important d’enseignants, et nous suivons individuellement les apprenants. » L’équipe pédagogique anime les différentes activités internes et externes à l’établissement : « Nous organisons des visites dans des exploitations, détaille la formatrice, et nous invitons régulièrement des spécialistes dans leur domaine à faire partager leur expérience. » À Carquefou, environ 250 maîtres de stage, le plus souvent des agriculteurs, participent à l’enseignement des jeunes en cursus scolaire, des apprentis ou des stagiaires suivant une formation continue ou une validation
des acquis de l’expérience.

Embauche à partir de la licence

En MFR, le rôle du moniteur ne se limite pas à l’enseignement. « Nous jouons aussi le rôle de conseiller principal d’éducation, relève Anouk Moreau. Nous nous impliquons dans la vie scolaire, nous gérons leurs absences et avons des contacts avec les familles. Nous connaissons individuellement chaque élève, même s’il ne fait pas partie de nos apprenants. » Les formateurs sont embauchés avec une licence pour enseigner dans le secondaire et avec un master ou un bac + 5 pour les BTS. « Et comme nos apprenants, spécifie Anouk Moreau, les licenciés peuvent se former s’ils le souhaitent tout en travaillant en MFR. Certains d’entre eux préparent ainsi un master pour enseigner au niveau BTS. » À Carquefou, le corps enseignant représente plus de 50 % des effectifs. Des surveillants animateurs, par exemple, sont employés pour accompagner les jeunes en dehors des heures scolaires, puisque beaucoup sont logés en internat. Les MFR étant régies sous la forme associative, leur personnel est rémunéré par les frais de scolarité et par une dotation ministérielle pour les enseignements, les diplômes étant reconnus par l’État. Les Régions et les Départements apportent aussi leurs contributions pour le financement des formations adultes.

Marie-Dominique GUIHARD, Tribune Verte n°2907

Chiffres clés: UNE ASSOCIATION INTERNATIONALE

Sous le régime associatif, les MFR rayonnent au sein de l’Hexagone, mais aussi dans une quarantaine d’autres pays. Il existe 495 associations françaises, 430 établissements français de formation, pour un total de 1 000 MFR dans le monde. Les MFR emploient plus de 8 500 salariés actifs. Plus de 250 000 maîtres de stage ou d’apprentissage forment
ainsi les 95 000 jeunes et adultes en formation, c’est-à-dire 49 000 élèves sous statut scolaire, 11 000 apprentis et 35 000 stagiaires suivant une formation continue ou une VAE (validation des acquis de l’expérience).

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