LE CONSEIL AGRICOLE VA MARQUER UNE RUPTURE

Début 2015, les ministres de la Recherche et de l’Agriculture ont missionné quatre personnalités, Jean-Marc Bournigal, président d’Irstea, François Houllier, président de l’Inra, Philippe Lecouvey, directeur général de l’Acta, et Pierre Pringuet, président d’AgroParisTech, pour être forces de proposition sur le plan « Agriculture – Innovation 2025 ». Après plusieurs mois de travaux et de consultations (300 personnes consultées), ils en ont tiré un rapport riche de 30 projets pour une agriculture compétitive, respectueuse de l’environnement et socialement acceptable. Dans ces perspectives, il est évident que le métier de conseiller agricole doit s’adapter. Nous avons interrogé l’un des quatre protagonistes, Jean-Marc Bournigal.

Dans ce rapport, vous présentez 30 projets, soit une centaine
d’actions. Dites-nous quelles sont, selon vous, les priorités ?


Jean-Marc Bournigal : Avant d’évoquer ces priorités, je veux insister sur quelques points. Le premier est que nous avons voulu que ce rapport soit vraiment opérationnel et nous avons donc présenté des projets concrets. C’est pourquoi nous avons pris le temps de consulter autant
de personnes. Pour chaque projet, nous avons d’ailleurs apposé un niveau de maturité technologique selon l’échelle TRL (technology readiness level). Ensuite, il ne faut pas voir chaque proposition de manière individuelle mais c’est bien l’ensemble qu’il faut mettre en œuvre. Par rapport à votre question, nous avons trois grandes priorités. La première rejoint ce que je viens d’évoquer : l’approche système au travers, notamment, de l’agroécologie et de la bioéconomie, deux grandes démarches en développement.
La deuxième, ce sont les technologies qui vont impacter le monde agricole dans les dix ans à venir : le numérique, la robotique, la génomique et le biocontrôle. La troisième priorité, enfin, c’est de fédérer tous les acteurs…Lire la suite