Enquête insertion de la CGE

Grandes écoles : insertion, emploi, salaire, records battus pour les diplômés 2018

Vitesse de recrutement, taux d'emploi, salaire d'embauche... L'insertion des diplômés 2018 de grandes écoles s'effectue dans des conditions idéales selon l'enquête annuelle de la CGE (Conférence des grandes écoles). Mais une ombre subsiste au tableau : les inégalités hommes-femmes qui commencent dès le début de carrière.

Les arbres ne grimpent pas jusqu'au ciel ! Il en va de même des derniers indicateurs d'insertion des diplômés 2018 des 190 écoles membres de la CGE (Conférence des grandes écoles). Ceux de l'avant-dernière promotion (diplômée en 2017) atteignaient déjà des sommets que la promotion 2018 égale, voire dépasse très légèrement.

Ainsi, 91,2 % des ingénieurs cru 2018 sont en emploi au premier trimestre 2019. Leurs collègues managers les talonnent à 88 % (en léger recul par rapport à l'an passé). Les salaires moyens d'embauche (hors primes) en France continuent de progresser sur un an pour les ingénieurs (+ 2,2 %) comme pour les managers (+ 2,6 %).
Autre indicateur au beau fixe, le temps passé à trouver un premier emploi : pour huit jeunes diplômés en poste, il leur a fallu moins de deux mois. Près des deux tiers ont même signé leur contrat de travail avant même l'obtention de leur diplôme ! "Avec trois points de plus que la promotion de l'an dernier, c'est le plus haut niveau de la décennie 2010–2019", souligne l'étude.

L'insertion est plus laborieuse pour les diplômés des autres écoles

Encore faut-il nuancer ces résultats d'ensemble. Pour la durée de la recherche du premier emploi par exemple, l'indicateur est à relativiser : il ne prend en compte que la durée de la recherche fructueuse d'un emploi sans tenir compte des diplômés qui sont toujours en quête d'un emploi depuis la fin de leurs études.
Et pour les élèves des grandes écoles "autres" que les écoles d'ingénieurs et de management (soit 14 écoles de journalisme, de communication, d'architecture, de design ou institut d'études politiques), l’entrée sur le marché du travail est un peu plus difficile. Ainsi, seuls 57% d'entre eux sont en activité professionnelle au premier trimestre 2019 contre 72,8% des ingénieurs et 77,7% des managers. 13,7 % sont toujours en recherche d'emploi et 18,3 % poursuivent d'autres études.

Les filles toujours moins bien rémunérées que les garçons

Autre bémol, les inégalités salariales femmes-hommes qui commencent dès le début de carrière pour les diplômés d'écoles d'ingénieurs comme ceux d'écoles de management. À l'œuvre depuis trois ans, l'embellie de l'emploi n'atténue en rien cette discrimination. Illustration : 80 % des salaires des femmes ingénieures sont compris dans une fourchette entre 25.920 et 40.000 €. Pour les hommes ingénieurs, la limite inférieure est nettement au-dessus, à 29.400 € minimum, soit 3.500 € de plus que celle des femmes. 80 % d’entre eux perçoivent un salaire compris entre 29.400 et 41.036 €.

Du côté des femmes managers, même scénario : pour 80 % d'entre elles, l'éventail des salaires se situe entre 26.143 € et 42.000 € alors que pour 80% des managers hommes le salaire évolue entre 28.800 et 46.000 €. La parité c'est bien, l'égalité ce serait mieux !

Méthodologie
L’enquête insertion 2018 de la Conférence des grandes écoles a été réalisée entre janvier et mars 2019 avec l'Ensai et couvre 186 des 190 écoles membres de la CGE. Les diplômés de 139 écoles d'ingénieurs, 37 écoles de management et 14 autres grandes écoles (institut d'études politiques, écoles de journalisme, de communication, d'architecture, de design…) ont répondu à l'enquête annuelle. 38.046 questionnaires envoyés aux écoles par l'Ensai étaient exploitables.

Étienne Gless – letudiant