Conseiller·ère en agrodéveloppement international

Conseiller·ère en agrodéveloppement international

On compte sur elle/lui pour...
Formuler des projets et des programmes de développement en réponse à des appels à projets
Piloter la recherche et la négociation de financements publics et privés
Mettre en place et coordonner des projets de développement durable
Diagnostiquer et résoudre des problèmes de natures technique et scientifique
Tenir compte des différences sociales et culturelles, de l’histoire et des réalités politiques, juridiques, institutionnelles des milieux dans lesquels il/elle intervient

Son profil
• Esprit d'analyse et de synthèse
Fortes qualités relationnelles
Connaissances techniques et économiques en lien avec les missions proposées (productions végétales, productions animales, environnement, marketing, logistique…)
Anglais courant
Sens du compromis et de la négociation
Aptitude à l'animation d'équipes locales
Autonomie et capacité d'adaptation à travailler dans des conditions locales difficiles
Maîtrise de la gestion de projet

Les formations possibles
Ingénieur Istom (école supérieure d’agrodéveloppement international)
Formation supérieure (master, ingénieur) en agronomie, en agroalimentaire, en économie agricole
Vétérinaire

Où exercer ?
Dans une coopérative, dans une association de développement agricole et rurale (AFDI)…
À l’international ou en rapport avec les pays étrangers, pour le compte d’organismes privés, publics ou parapublics (ONG, collectivités, ministères, Union européenne, groupements professionnels, bureaux d’études…)

Les perspectives d'évolution
Évoluer vers des postes d’encadrement, de coordinateur·rice de programme voire de directeur·rice
Reprendre en France une activité de conseiller agricole, de développeur rural en fonction de sa formation initiale

Quelle rémunération ?
Entre 20 et 24 K€ pour les débutants, la rémunération peut dépasser les 35 K€ pour les profils les plus expérimentés.

Brunilda Rafael, coordinatrice nationale de AVSF
UN MÉTIER OÙ LA ROUTINE N’EXISTE PAS

Parmi ses 300 salariés, AVSF (Agronomes et vétérinaires sans frontières) compte plusieurs responsables de projet. Cette fonction consiste à mettre en place un projet sous les aspects des ressources humaines, technologiques et financières. Ils participent aussi à la conception de la stratégie d’intervention de l’ONG et coordonnent les activités d’une équipe de techniciens. Ce poste requiert des compétences managériales, d’ingénierie de projet ainsi qu’une bonne capacité de rédaction, de synthèse et surtout d’organisation. Brunilda Rafael est responsable de projet depuis 2003 et travaille depuis deux ans comme coordinatrice nationale à AVSF. « J’ai commencé ma carrière en tant qu’ingénieur agronome. Après quelques années de travail comme conseillère agricole dans un projet de développement en Argentine, j’ai décidé de reprendre mes études. J’ai senti le besoin de mieux comprendre les stratégies des producteurs afin d’améliorer l’accompagnement technique et économique et de le recadrer sous un angle culture », explique la coordinatrice. Elle souhaitait alors orienter son projet professionnel vers une approche plus holistique du développement rural, en particulier vers le développement local participatif. Elle s’inscrit au CNEARC, l’actuel IRC, pour faire le master 2 valorisation des productions, marchés, organisations et qualité. « J’ai fait mon stage et mon mémoire sur une thématique axée autour de la géographie sociale : les dynamiques territoriales à Mayotte, raconte Brunilda Rafael. À la fin de mon stage, j’ai été recrutée comme coordinatrice d’un groupement d’intérêt scientifique (GIS). J’ai pu ainsi comprendre les tenants et les aboutissants de la concertation d’acteurs et mettre en place des projets de développement local participatif. » Puis, elle décide de rentrer en France, où elle travaille avec une ONG de développement dédiée au développement local urbain auprès d’immigrants ruraux. « Après une formation, j’ai intégré une ONG au Comores comme responsable du projet agricole, ce qui m’a permis de renforcer mes compétences en gestion des RH et en ingénierie de projet. Pour des raisons d’ordre familial, j’ai quitté les Comores pour m’installer à Madagascar, et ainsi travailler pour AVSF. Pendant un an, j’ai accompagné les responsables de projet dans la mise en place de leurs objectifs respectifs. Depuis six mois, j’assure la coordination nationale de AVSF », détaille Brunilda Rafael. Des journées bien rythmées Dans son métier, elle ne connaît pas la routine : « Le matin, je réponds aux mails, j’identifie sur le journal les différents appels d’offres, j’anime des réunions d’échange avec mes collègues rattachés aux aspects technique et administratif de l’ONG. L’après-midi, j’élabore des appels d’offres, je travaille sur la mise en place de la stratégie de l’ONG, détaille-t-elle. Si je pars en mission, les journées sont bien différentes, avec beaucoup de terrain et d’échanges avec les partenaires et les producteurs que nous accompagnons. » Aujourd’hui, il lui tient à coeur de mettre en place un programme de lutte contre la malnutrition monté avec quatre autres institutions et ONG. « Il s’agit d’un projet intégré où chaque partenaire met ses compétences au profit du projet et du territoire où l’on intervient. C’est un défi, car il va falloir très bien se coordonner pour atteindre les résultats que nous nous sommes fixés. »

AVSF
PLUS DE 700 000 PERSONNES SOUTENUES À TRAVERS LE MONDE

AVSF est une association « loi 1901 » de solidarité internationale reconnue d’utilité publique et qui agit depuis 1977 pour soutenir l’agriculture paysanne. L’association est issue de la fusion en 2004 du Centre international de coopération pour le développement agricole (CICDA) avec Vétérinaire sans frontières (VSF). La mission principale de AVSF est de mettre au service des communautés paysannes menacées par l’exclusion et par la pauvreté les compétences de professionnels de l’agriculture, de l’élevage et de la santé animale. L’association cherche à offrir à ses communautés paysannes de meilleures conditions de vie, à gérer durablement les ressources naturelles dont elles dépendent et à participer au développement social économique de leur territoire. Aujourd’hui, AVSF soutient près de 14 000 familles, soit plus de 700 000 personnes grâce à une équipe de 300 salariés dont plus de 85 % sont issus des pays où sont menés les projets.

Source : CLAIRE LAMY-GRANDIDIER (Tribune Verte N°2936)