Biodiversité : des métiers pour sauver la cathédrale du vivant

Aussi importante que la lutte contre le réchauffement climatique, la préservation de la biodiversité requiert des compétences pour sauver et protéger nos océans, nos forêts et toutes les espèces vivantes, y compris humaines. Zoom sur quelques métiers porteurs de sens.

Oiseaux, mammifères, mollusques, plantes à fleurs… 25.000 des quelques 91.000 espèces évaluées au niveau mondial sont menacées d’extinction dont 1.518 en France, selon la liste rouge de l’UICN (Union internationale de conservation de la nature). Zoom sur quelques métiers pour préserver la richesse de notre patrimoine naturel.

Travailler sur la biodiversité : métiers de la recherche et de la connaissance

Pour mener des actions efficaces en faveur de la biodiversité, encore faut-il bien la connaitre. Or, si entre 5 et 100 millions d’espèces peuplent notre planète seulement 1,8 millions ont été décrites. Les spécialistes en décrivent environ 15.000 nouvelles chaque année. Le travail de recensement est donc loin d’être terminé. La bibliothèque des connaissances sur la biodiversité reste largement à compléter. Le monde a besoin de taxonomistes, ces savants chargés de décrire et de classer les espèces vivantes. Spécialiste du monde végétal, le botaniste décrit et classe les plantes, étudie leur croissance et leur reproduction. Souvent titulaire d’un doctorat, il a d’abord suivi un cursus d’ingénieur agronome ou un master en biologie. Les biologistes en environnement concourent également à l'avancée des connaissances du vivant. De son côté, l’océanographe est le scientifique qui recueille et analyse des données lors d’expéditions en mer sur des navires spécialisés. Autre scientifique et chercheur de haut vol, l’écologue a pour mission d’analyser, mesurer et prévoir l’impact des activités humaines sur l’environnement et la diversité. Il établit des rapports, fournit des conseils et des recommandations.

Préserver la diversité : métiers du conseil

Les écosystèmes sont variés mais fragiles. La biodiversité est menacée par l’urbanisation, le développement des infrastructures de transport, la surexploitation des espèces sauvages, les pollutions de l'eau, des sols et de l’air ou encore le changement climatique. En France il n’a fallu que dix ans entre 2006 et 2015 pour perdre 590.000 hectares de milieux naturels et de terrains agricoles au profit de routes, bâtiments, zones d’activités et parkings. Pour sauver ce qui peut l’être, les pays se dotent de politiques publiques, de réglementations et de zones protégées. Le conseiller en environnement – aussi appelé éco-conseiller – fait des recommandations aux entreprises et aux collectivités locales pour mener à bien des projets dans le respect de l’environnement et du cadre de vie. C’est un métier de conseil, d’aide à la décision et d’animation de projet. Pour devenir éco-conseiller, Éco-Conseil et l’Insa de Strasbourg proposent un mastère spécialisé labellisé par la Conférence des grandes écoles donnant lieu à la soutenance d’une thèse professionnelle. Une formation accessible aux jeunes diplômés d’écoles d’ingénieurs, d’école de commerce ou d’IEP (Instituts d’études politiques). Pour devenir chef de projet biodiversité, l'université de Lille propose par exemple un master Biodiversité, écologie, évolution.

Des métiers pour faire respecter la biodiversité

Des centaines d’inspecteurs de l’environnement en France mènent des enquêtes et assurent la police de l’environnement. Ils veillent au respect des espèces et des milieux naturels. Ils travaillent par exemple à l’AFB (Agence française pour la biodiversité) au sein des parcs nationaux ou encore à l’ONFCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage). Fonctionnaires assermentés, ils recherchent et constatent les infractions aux réglementations et les font cesser. Les policiers de l’environnement, comme tous les fonctionnaires, sont recrutés sur concours administratif de catégorie B (technicien de l’environnement) ou C (agent technique de l’environnement) du ministère de la Transition écologique et solidaire. Bien d’autres métiers permettent d'oeuvrer à la préservation de la biodiversité : le garde nature ou garde-moniteur est chargé de surveiller et préserver la faune et la flore de nos parcs nationaux et régionaux. Il sensibilise les randonneurs et les visiteurs qui traversent ces espaces protégés. Penser aussi aux métiers de technicien en préservation des milieux aquatiques, technicien en gestion des écosystèmes ou encore ingénieur forestier. L'ENGREF école interne d'AgroParisTech forme ainsi des ingénieurs à la gestion durable, la préservation des espaces et des milieux naturels.

Des métiers pour informer et éduquer

Militant de la nature et doué pour la communication ? Partagez votre passion ! Faites connaitre aux publics toute la richesse et les enjeux liés à la biodiversité. Pourquoi pas devenir animateur nature pour expliquer l'environnement aux publics et enseigner comment le protéger ? Vous interviendrez devant des élèves en classe verte ou des adultes en vacances découvrant un site naturel. Pour exercer ce métier Vous pouvez par exemple préparer en un an un BPJEPS (Brevet professionnel jeunesse education et sport) spécialité Animation mention éducation à l'environnement durable. L'accompagnateur nature organise et encadre les sorties en milieu naturel. Il informe lui aussi les participants sur les écosystèmes et la biodiversité des espaces traversés et donne des conseils sur les bonnes pratiques en matière de respect de l'environnement. Pour exercer vous pouvez avoir un diplôme d'État dans les milieux de l'animation ou u diplôme d'alpinisme spécialisé d’accompagnateur de moyenne montagne par exemple avec une spécialité naturaliste en ornithologie, faune, flore, géologie ainsi que la connaissance géographique des lieux que vous faites découvrir. Enfin, si vous vous sentez journaliste dans l'âme ou passionné par l'enseignement pourquoi ne pas vous spécialiser comme journaliste nature ou devenir tout simplement enseignant en sciences et vie de la Terre ? Vous apporterez également votre pierre à la préservation de la cathédrale du vivant.

Témoignage : Lucile Bezombes, 28 ans, chercheur en écologie :
"J'ai mis au point une méthode de compensation écologique."
"Je suis passionnée par la nature depuis toute petite, sans doute parce que j'ai grandi en Auvergne avec des parents écolos. Durant ma thèse de doctorat j'ai développé une méthode de calcul de la compensation écologique." Lucile est écologue de formation et travaille dans un laboratoire de recherche à l'IRSTEA (Institut de recherche en sciences et technologies de l'environnement et de l'agriculture) : "J'étudie l'impact des activités humaines sur l'environnement et la biodiversité." Après sa licence de biologie et environnement à l'université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand, Lucile se forme à AgroParisTech où elle obtient un master 2 Écologie, biodiversité, évolution, avant de poursuivre au niveau doctorat avec son projet de thèse sur la compensation écologique : "J'ai effectué ma thèse avec EDF R&D durant trois ans dans le cadre d'une convention Cifre [un dispositif qui permet à l'entreprise de bénéficier d''une aide financière pour recruter un jeune doctorant]. J'étais très autonome pour mener mon projet de recherche de A à Z. EDF a été intéressée par ma méthode et m'a proposé de poursuivre en postdoctorat pour la diffuser."

Par : Étienne Gless - Letudiant