Bilan de compétences

Évaluer ses compétences, redéfinir ses motivations, élargir son champ des possibles et construire son projet sont les principaux objectifs d’un bilan de compétences. L’APECITA en explique ses spécificités.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le bilan de compétences n’est pas un simple service mais un dispositif très encadré par la loi. C’est une formation individuelle qui permet d’analyser et d’évaluer les compétences, les attitudes et les motivations d’une personne, dans le but de l’aider à définir un projet professionnel. Depuis 2014, il peut entrer en « concurrence » avec le conseil en évolution professionnelle (CEP) créé dans le cadre de la réforme de la formation professionnelle. Les deux dispositifs ont pour point commun de bénéficier de trois étapes. Tout d’abord, il est question de définir les besoins du salarié puis, seconde étape, d’analyser les différentes possibilités professionnelles, ses compétences ou ses connaissances ainsi que ses aspirations et enfin, de mettre en place les mesures nécessaires à son évolution professionnelle. À la différence du CEP, le bilan de compétences engage la personne à réaliser toutes les étapes. « C’est un dispositif pertinent quand la personne est déroutée, qu’elle se pose des questions quant à son orientation future », affirme Olivier Gloker, référent bilan de compétences au siège de l’APECITA.

Un suivi personnalisé

Le bilan de compétences se déroule légalement sur 24 heures, réparties en deux ou trois mois. « À l’APECITA, précise Olivier Gloker, nous sommes très attachés à suivre, par un même conseiller, la personne demandeuse, et toute la durée du bilan se déroule en face-à-face individuel. Nous nous employons à utiliser de façon efficace ce temps légal qui nous est imparti, en utilisant tous les moyens mis à notre disposition pour qu’elle puisse définir correctement son projet professionnel. » Toute une panoplie de tests est utilisée en ce sens (tests de personnalité, tests d’intérêts ou de motivation, tests d’aptitudes en vue d’une reprise d’études). « Nous restons ouverts à toute évolution, souligne le conseiller, même en dehors de l’agriculture et de l’agroalimentaire, du moment que le projet a un lien avec nos deux domaines de prédilection. »

—— MARIE-DOMINIQUE GUIHARD

Christian Jégo, enseignant
« LE BILAN M’A CONFORTÉ DANS MES PISTES DE RECHERCHE »
Christian Jégo enseigne la gestion et l’économie à des élèves de BTS en Maison familiale rurale, depuis novembre 2017. Auparavant, il était responsable marketing dans un organisme de sélection de race bovine. « Durant 20 ans, j’ai assuré ce même type de poste dans plusieurs entreprises du secteur agroalimentaire, explique celui qui est ingénieur agronome d’UniLasalle. En raison d’un licenciement économique, il m’a semblé opportun de réaliser un bilan de compétences quelques mois avant de me trouver au chômage. » En février 2017, il entre en contact avec Olivier Gloker, référent bilan de compétences au siège de l’APECITA, sur le stand de l’association au Sima de Villepinte. Il sera suivi, par la suite, toujours par ce même conseiller. Sa réflexion l’amène à établir quatre orientations qui seront analysées, disséquées et discutées au regard des nombreux tests effectués pour définir sa personnalité, ses connaissances et ses compétences ainsi que d’autres outils comme les exercices de rédaction sur son expérience et ses envies professionnelles. Christian Jégo est sûr d’une chose. « J’ai peu à peu mis de côté le fait que je chercherai un autre poste en marketing, affirme-t-il. Par exemple, des pistes ont été abandonnées pour tenir compte des opportunités du marché, mais de nouvelles perspectives se sont offertes. J’ai commencé à monter un dossier avec Pôle emploi et la CCI pour créer ma propre entreprise. Et c’est alors que j’ai trouvé ce poste d’enseignant, la fonction de formateur étant l’une des quatre pistes envisagées. » Christian Jégo est ainsi resté seulement deux mois et demi au chômage.

Tribune Verte N°2904 - Crédit photo : Philippe Devanne / Forolia